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mardi 13 mars 2012

En élevant Koyagialo et Mwando Nsimba : Kabila surprend

(L'Avenir Quotidien 13/03/2012) 
Sacré insondable, le chef de l’Etat Joseph Kabila a pris de court tous ceux qui croyaient le connaître mieux que quiconque. En réalité, nul ne le connaît, nul ne peut traverser sa pensée. Ils sont nombreux, ces hommes de la cour, ces courtisans, ces partisans du pouvoir pour le pouvoir. Loin d’adhérer à sa vision d’un Congo émergent, ils viennent pour amasser des richesses éperdument. *Dans sa mission d’identifier la nouvelle coalition, Charles Mwando nommé Informateur par le président de la République aura à prendre contact avec les partis, regroupements et personnalités politiques, toutes tendances confondues, siégeant au sein de la nouvelle Assemblée nationale. *Pour réaliser son ambition de gouverner cette deuxième législature avec les compatriotes qui partagent la même passion du Congo comme lui-même, le chef de l’Etat a besoin d’une majorité d’idées. Constituée par les femmes et les hommes qui croient en sa vision, et non des mercenaires qui n’ont pour idéal que l’enrichissement pour l’enrichissement.

Lors de son investiture le 20 décembre 2011, Joseph Kabila, président réélu de la République, avait déjà manifesté sa volonté de travailler avec les Congolais compétents et épris de l’idéal du changement pour un Congo émergent. « Président de tous les Congolais, je reste fidèle à mon esprit d’ouverture traditionnelle. Je suis convaincu qu’ensemble, déterminés et motivés, nous ne pouvons que relever le défi de l’émergence de notre pays. Je travaillerai donc avec tous les compatriotes qui ont la passion du Congo et veulent travailler à la modernisation du Congo parce qu’au service de la patrie, il n’y a point de camp politique.
Seuls comptent la compétence, le patriotisme et la bonne volonté », avait-il dit. C’est ici qu’il convient de préciser que le seul critère « d’intellectuel » ne suffira plus pour prétendre travailler avec Joseph Kabila. Et le président de la République a à l’esprit la notion de critères cumulatifs pour accéder à la gestion de la chose publique. Il faudra à la fois avoir la passion du Congo émergent, être compétent, avoir une probité morale et intellectuelle. Et enfin, partager la vision, le même idéal autour de son programme de Gouvernement. C’est pratiquement de cette manière que ça marche même aux Etats – unis d’Amérique.
Malheureusement, ceci constitue une surprise de taille pour tous ceux qui pensaient que la victoire de Joseph Kabila était celle d’un camp contre un autre et qu’il fallait, le plus vite possible, procéder au partage équitable et équilibré du gâteau. Ils ont tous été pris au dépourvu, surtout que le Chef de l’Etat n’a pas suivi les extrémistes de son camp.Ce qui dénote une fois de plus de son indépendance d’esprit et sa ferme détermination à réussir le pari du nouveau quinquennat, sans prêter oreille aux fossoyeurs de la bonne identité de la nation congolaise. Certains cadres de la Majorité ont investi malheureusement les médias, pour se faire vendre à prix de peau d’ours ni vu ni abattu et par ce fait croyant toucher la sensibilité du Chef de l’Etat. La crédibilité, à la courdu chef n’a rien à voir avec la visibilité médiatique, devront – ils l’apprendre.
Ceci, en oubliant que le Chef de l’Etat qui connaît comment le monde médiatique fonctionne en Rd Congo ;qu’ilconnaît combien certains opérateurs politiques et économiques sont propriétaires de quelques médias et que ce n’est pas l’argent qui leur fait défaut pour s’acheter des espaces entiers dans des journaux du sensationnel et sur des chaînes de télévision, ne pouvait aucunement tomber dans ce piège de l’exhibitionnisme dévalorisant.
Selon certaines indiscrétions, Joseph Kabila aurait tenu une réunion avec les nouveaux membres de la Majorité Présidentielle à Kingakati. Là, illes aurait conseillés de ne pas se comporter comme les députés de la Majorité Présidentielle de la première législature qu’il a qualifiés de « mercenaires ».
Comme le temps presse, Kabila est aussi conscient qu’il est dans son dernier quinquennat depuis bientôt 100 jours et qu’il devra tout mettre en œuvre afin de faire ce qu’il n’a pas pu faire durant son mandat passé, à cause justement de cet enfer pavé de bonnes intentions auquel il avait cru. On tombe difficilement deux fois sur une piste déjà exploré. Et ce n’est pas à Joseph Kabila qu’il faudra apprendre que la population a besoin du social, c’est-à-dire, un salaire conséquent et à temps, des hôpitaux et des soins de qualité, des routes de desserte agricole pour l’évacuation des produits, les infrastructures de base, etc. , se proposant ou s’imposant un remède à tout guérir, mieux que les animateurs du gouvernement qui a vécu.
La surprise du chef de l’Etat
En confiant la mission d’informateur à Charles Mwando Nsimba, le chef de l’Etat vient de surprendre littéralement plus d’un et surtout dans le camp apprivoisé de la « Majorité présidentielle ».Tous ceux qui croyaient le connaîtremieux que quiconque ont eu tort. Et ce n’est pas la fin. Désormais, peine perdue pour eux. Ils seront surpris au quotidien et pour avoir déchanté face aux épreuves d’autrefois, ils ne devront que revoir tous leurs calculs, si pas changer de fusil d’épaule.
Dans la mission de l’informateur, il doit prendre contact avec les partis, groupements et personnalités politiques, toutes tendances confondues siégeant au sein du Parlement. Cette mission est conforme à l’article 78 de notre Constitution. Dans cette mission qui lui a été conférée, Charles Mwando a 30 jours renouvelables une fois pour rendre sa copie au chef de l’Etat.
Joseph Kabila a démontré par ce premier signal que les jours se suivent, mais ne ressemblent pas. Tout comme l’ordre nouveau sera tout différent de l’ordre ancien. Il vient faire succéder l’ordre ancien fondé sur les antivaleurs (l’idolâtrie, le goût de l’argent facile, la prédation, le trafic d’influence, le clientélisme, etc.) qui doivent céder laplace à un ordre nouveau, celui de l’idéal du changement pour le bien-être de tous. Une fois de plus, le chef de l’Etat aura surpris plus d’une personne, notamment tous ceux qui prétendaient être des informateurs attitrés, ou super Premier ministre intérimaire, pendant que le chef de l’Etat n’en avait même pas encore nommé un. Oubliant que Joseph Kabila, qui connaît parfaitement tous ses collaborateurs, surtout ceux du cercle intime, ne pouvait accepter que n’importe qui soit élevé à ce poste très stratégique. Le choix du chef de l’Etat sur Koyagialo Ngbase te Gerengbo est judicieux. Il a certainement recouru une fois de plus à la sagesse et à la compétence de cet ancien Gouverneur du Katanga.
On estime que le chef de l’Etat, celui qui est toujours attentif aux désidératas de la population, n’a pas voulu fermer les oreilles, lorsque cette population s’est exprimée à travers les élections du 28 novembre 2011, exigeant de ce fait un changement en profondeur, mieux un coup de balai dans son entourage immédiat. Comme pour dire que la population ne reproche pas grand-chose au chef de l’Etat, mais exige un toilettage à fond de sa cour. Message que le numéro 1 des Congolais a bien compris 5/5.
Du Premier ministre intérimaire à l’Informateur
Tout juste après la démission du premier Ministre Adolphe Muzito, Joseph Kabila Kabange n’a cessé de surprendre plus d’un Congolais. Son comportement demeure un mystère pour plusieurs qui avaient des ambitions et qui s’attendaient à ce que le dévolu du chef tombeenfin sur eux.
La nomination de Louis Léonce Koyagialo, ancien Gouverneur de la province du Katanga (ex-Shaba), ancien secrétaire exécutif de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) et ministre des Postes et Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication au poste de Premier ministre intérimaire a été une grande surprise. A celui-ci, le chef de l’Etat a confié l’expédition des affaires courantes.
Il est fort probable que Joseph Kabila ait intériorisé le message de la population et qu’il voudrait changer tout son entourage, notamment ceux qui se sont fait discréditer par la population et par le monde à travers leur comportement. On ne devient pas « primaturable » dans les médias acquis à une sauce épicée.
Depuis la période pré-électorale, Joseph Kabila ne fait que surprendre plus d’une personne, y compris sa propre famille politique, pourquoi pas l’opposition réunie. Pendant que tout le monde attendait qu’il soit candidat de la Majorité à la présidentielle du 28 novembre 2011, Joseph Kabila avait opté d’être candidat indépendant, comme en 2006. Avec ce choix, son ambition était celle d’être un candidat de tous les Congolais et non celui d’une famille politique quelconque. Au-delà de cette raison, Joseph Kabila s’est voulu un président non seulement de ceux qui sont dans les partis politiques, mais celui de la société civile, des enseignants, des infirmiers et autres catégories sociales qui ne sont pas membres d’aucun parti politique.
Au-delà de ce choix, Joseph Kabila seul avec sa femme et son fils, a fait le tour de toute la Rd Congo pour battre campagne en vue de sa réélection. Il a été à Kabinda, à Mbuji-Mayi, à Kasumbalesa, à Bunia, à Mbandaka, à Lodja, etc. sans toute cette équipe qui veut s’approprier aujourd’hui sa victoire. La plupart des politiciens qui se bousculent maintenant au portillon du pouvoir étaient invisibles sur le terrain ou incapables de citer son nom lorsqu’il le fallait.
Pour ce faire, il n’a pas recouru à une famille politique quelconque et n’a nommé aucun directeur de campagne. Etant sage, il sait observer et a su tirer les leçons du passé. Il a évité qu’un individu ne puisse se bomber le torse et tromper l’opinion que c’est lui qui a fait de Kabila Chef de l’Etat, comme ce fut le cas avec un certain ancien speaker de l’Assemblée nationale qui a changé casaque.

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