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mardi 13 décembre 2011

48,95 % pour Kabila : Vainqueur sans être majoritaire

(L'Observateur Paalga 13/12/2011)
Chose promise, chose due. Le faux suspense qui entourait la proclamation des résultats de la présidentielle en République démocratique du Congo a enfin été levé. Et comme on pouvait s’y attendre, c’est l’actuel titulaire du fauteuil qui, une fois de plus, ou de trop, s’impose à hauteur de 48,95% des suffrages exprimés, contre 32,33% à l’infortuné Etienne Tshisekedi, son principal adversaire.

Vainqueur sans pourtant être majoritaire, Kabila fils l’emporte tout de même face à une opposition qui, faute d’unité, ne peut que faire les frais d’un mode de scrutin inique taillé à la seule mesure du candidat à sa propre succession.
Pas étonnant alors que l’opposant historique, fort de sa légitimité populaire, se soit autoproclamé «président élu», rejetant en bloc les chiffres distillés par la Céni.
Un fauteuil pour deux. Le scénario était plié d’avance et ne surprendra pas les milliers de Kinois qui, par peur d’une explosion de violence postélectorale, avaient préféré déserter leur chère capitale dès la clôture du scrutin.
Et comme pour donner raison à l’ancien Premier ministre, la Fondation Carter n’a pas manqué de signaler des «irrégularités graves» : ainsi, dans la capitale, près de 2000 plis de résultats de bureaux de vote ont disparu comme 1000 autres dans le reste du pays ; autant «d’oublis» qui vont de paire avec, dans le fief présidentiel du Katanga, des scores dignes de l’époque lointaine des soviets. Pas moins de 100% des suffrages dans de nombreux bureaux où, comme par magie, les taux de participation frôlent des records.
Nul doute que, pour répondre à ces soupçons d’irrégularités graves, le pouvoir en place, désireux de s’octroyer la légitimité que ses opposants lui contestent, n’hésitera pas à sortir de son chapeau des rapports dithyrambiques à souhait.
Serait-ce alors le début d’une guerre des observateurs ? Dans pareil cas de figure, la logique républicaine commande que l’on s’en remette aux voies de recours légales. Mais plus d’une fois échaudé, Tshisekedi, tout juriste qu’il puisse être, a affirmé haut et fort que jamais il ne recourrait à l’arbitrage de la Cour suprême de justice, la qualifiant au passage d’institution privée au service de M. Kabila.
La messe est donc dite. Nul besoin alors d’attendre le 17 décembre, date de la proclamation officielle des résultats, pour savoir qui succèdera à lui-même sans gloire et sans même avoir obtenu la moitié des suffrages de ses concitoyens. Mais c’est le prix à payer quand on a choisi de vaincre sans péril… quoique !

H. Marie Ouédraogo

© Copyright L'Observateur Paalga

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