
Plusieurs sources ont informé Human Rights Watch que "le gouvernement avait donné pour instruction aux hôpitaux et aux morgues de ne pas fournir d’informations concernant le nombre de morts, ni de détails sur les individus blessés par balles aux membres de leurs familles, aux groupes de défense des droits humains ou au personnel des Nations Unies, entre autres. Certaines familles ont retrouvé les corps de leurs êtres chers dans des morgues situées loin de Kinshasa, ce qui indiquerait que des corps sont transportés jusque dans des zones excentrées".
Amnesty International a également mené une enquête très fouillée en RDC. L'ONG indique que "les forces de sécurité congolaises semblent profiter du climat de tension et d’incertitude qui règne à la suite des récentes élections pour mener cette série d’arrestations politiques et procéder notamment à des arrestations arbitraires et illégales qui menacent d’étouffer la liberté d’expression et de réunion".
Amnesty note l'arrestation de 4 journalistes travaillant pour une radio communautaire dans la province du Maniema, le 14 décembre. Ces journalistes étaient accusés par l'ANR (l'Agence nationale de renseignements) "d’être passés outre une décision officielle ordonnant la fermeture de leur station de radio. Trois d’entre eux ont été libérés dans l’après-midi. Le quatrième a été relâché le 15 décembre, également dans l’après-midi". Amnesty indique que le 13 décembre, à Bukavu, dans le Sud-Kivu, "des agents de la Police nationale congolaise (PNC) auraient frappé et arrêté l’avocat Eustache Nsimba et l’auraient emmené dans un lieu inconnu. Il participait à une manifestation organisée par l’opposition. Eustache Nsimba a été relâché plus tard dans la journée". Deux membres de l'UDPS ont également été arrêtés au Katanga et sont détenus "au secret dans un cachot de l'ANR".
Enfin, des dizaines de personnes (civils, mais aussi membres de la Police congolaise) ont été enlevées à Kinshasa. "Toutes les personnes arrêtées auraient été prises pour cible parce qu’elles sont originaires des provinces de l’Équateur, du Kasaï-Occidental et du Kasaï-Oriental, fiefs de l’opposition" indique Amnesty International.
Les ONG des Droits de l'Homme internationales et locales sont toutes très inquiètes de la vague de répression qui s'abat sur les opposants et les citoyens congolais. Amnesty International demande aux autorités congolaises "de fournir des informations sur ce qu’il est advenu des personnes arrêtées, et de les libérer si elles ne sont pas rapidement inculpées d’une infraction reconnue par la loi". Avant de conclure que "l’impunité ne ferait qu’engendrer de nouvelles violences et atteintes aux droits humains".
A la suite de ces deux rapports, la justice congolaise a décidé d'ouvrir une enquête.
Christophe RIGAUD
afrikarabia.com
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Merci pour votre message.
Je tiens à vous rappeler que vous etes le seul responsable des propos tenu dans vos commentaires...