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lundi 24 décembre 2012

Guerre en RDC : Barack OBAMA rappel à l’ordre Paul KAGAME

Longtemps acculé par sa classe politique et son opinion publique pour ce qui paraissait comme une indifférence au drame de l’Est de la République démocratique du Congo, le président américain, Barack Obama, a finalement rompu le silence en sermonnant le président rwandais, Paul Kagame. Un coup de fil parti de la Maison Blanche a suffi pour ramener l’homme fort de Kigali sur le droit chemin. Les Etats-Unis ne tolèrent plus son aventure dans l’Est de la RDC. Selon un communiqué de presse de la Maison Blanche, le chef de l'exécutif américain a presque rappelé à l’ordre le président rwandais. Il a insisté sur « l'importance de mettre définitivement fin à tout soutien aux groupes armés en RD Congo », en conformité avec les récents engagements pris par Paul Kagame à Kampala avec le Congolais Joseph Kabila et l’Ougandais Yoweri Museveni. Au cours de la conversation téléphonique, Barack Obama a souligné que « tout soutien au groupe rebelle M23 est contradictoire au désir rwandais de stabilité et de paix ». Au-delà de simples engueulades, l’opinion congolaise attend voir l’administration américaine peser de tout son poids pour obtenir les sanctions recommandées par le groupe d’experts des l’Onu.
Interpellé par les congresmen américains puis par une coalition d’organisations non gouvernementales occidentales, le président américain, Barack Obama, n’a pas résisté trop longtemps à la pression de son opinion publique. Il s’est senti dans l’obligation de sortir de son mutisme et donner de la voix sur le drame qui s’abat sur la partie Est de la République démocratique du Congo. D’autant que le soutien du Rwanda au M23 n’est plus qu’un secret de polichinelle.
Aux dernières nouvelles, l’appel semble avoir été entendu. Barack Obama a obligé Paul Kagame à mettre fin à tout soutien de son  régime au M23.

Le coup de fil d’Obama à Kagame

Un coup de fil, parti mardi dernier de la Maison Blanche a suffi pour remettre les pendules à l’heure. A première vue, le chef de l’administration américaine a décidé de s’impliquer davantage pour une sortie rapide et durable de la situation de guerre dans la partie Est de la RDC. C’était, par ailleurs, l’une des recommandations lui adressées par la coalition d’ONG occidentales.  But de la démarche : stopper net les velléités belliqueuses de Kigali à l’endroit de Kinshasa.
Selon un communiqué de presse de la Maison Blanche, le chef de l'exécutif américain a presque rappelé à l’ordre le président rwandais. Il a insisté sur « l'importance de mettre définitivement fin à tout soutien aux groupes armés en RD Congo », en conformité avec les récents engagements pris par Paul Kagame à Kampala avec le Congolais Joseph Kabila et l’Ougandais Yoweri Museveni. Au cours de la conversation téléphonique, Barack Obama a souligné que « tout soutien au groupe rebelle M23 est contradictoire au désir rwandais de stabilité et de paix ».
Le communiqué ajoute qu'une telle mesure serait également conforme aux tentatives d’« arriver à un accord politique transparent et crédible comprenant la fin de l'impunité pour les chefs militaires et les autres responsables du M23 impliqués dans de graves violations des droits humains ».
Le président américain a également fait part à son correspondant au bout du fil de son souhait de voir émerger un accord politique qui prenne en charge les problèmes sous-jacents liés à la sécurité régionale, à l'économie et à la bonne gouvernance, et qui préserve « la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RD Congo ».
Toujours selon le communiqué de la Maison Blanche, du reste relayé par plusieurs médias internationaux, le président américain aurait envoyé le même message au président Joseph  Kabila.

La RDC vue des Etats-Unis

D’autres révélations tirées de la conversation téléphonique entre les présidents Obama et Kagame traduisent la perception que les Etats-Unis se font de la République démocratique du Congo. Tout porte à croire que, vue des Etats-Unis, la RDC passe pour un protectorat rwandais. Sinon, comment expliquer que Barack Obama se réfère à Paul Kagame pour traiter des problèmes de gouvernance en RDC. En vertu de quel principe reconnaît-on au régime de Kigali cette expertise à rendre compte, mieux que Kinshasa, des problèmes  de la RDC ?
Il y a bien anguille sous roche. Cela rappelle des propos tenus par l’ex-secrétaire d’Etat américain en charge des Affaires africaines, Herman Cohen, qui, dans une émission diffusée depuis les Etats-Unis, avait nettement vanté la mainmise du Rwanda sur les grands dossiers se rapportant à la RDC. C’est dire qu’aux Etats-Unis, le Rwanda passe pour l’interlocuteur valable chaque fois qu’il faut parler de la RDC.
En outre, le communiqué de la Maison Blanche rendant compte de la conversation téléphonique entre les présidents américain et rwandais précise en des termes clairs que Barack Obama et Paul Kagame ont aussi mis à profit leur entretien pour aborder la lancinante question de la gouvernance en RDC. Qu’y avait-il à se référer au Rwanda pour trouver réponse à cette question de gouvernance en RDC ? Est-ce à dire que Paul Kagame en détiendrait la clé ? En voilà une perception qui laisse pantoise l’opinion congolaise.
Pour des observateurs, cette façon de voir les choses de l’autre côté de l’Atlantique expliquerait le prisme déformant qui empêche les Etats-Unis de prendre au sérieux le drame congolais. Il faut briser la glace et se faire une meilleure idée du piège sans fin dans lequel est prise la RDC.
La tâche revient non seulement aux politiques congolais, mais surtout à l’opinion publique pour inverser cette tendance, extrêmement dangereuse pour l’avenir du pays. Car c’est cette thèse, longtemps véhiculée dans l’opinion occidentale, sur l’incapacité des Congolais à gouverner leur pays, qui sous-tend aussi le projet de balkanisation de la RDC. Il est temps d’y mettre fin en coupant le « cordon ombilical ».
Pour y arriver, une mobilisation générale s’impose en vue de chasser de l’imaginaire occidental cette perception déformée de la RDC. Les problèmes du Congo ne peuvent pas être résolus sous la soi-disant « clairvoyance » du Rwanda. Lequel prend ses vessies pour des lanternes en faisant croire à la communauté internationale qu’il disposerait d’une certaine expertise à faire prévaloir pour expliquer aux autres les problèmes de la RDC.
Aujourd’hui, il est prouvé que la plupart des problèmes que connaît la RDC dans sa partie orientale ont pour origine le Rwanda, qui en est le principal instigateur ; et qu’il est aussi établi qu’il agit à son tour sous mandat de certaines puissances occidentales.

Kinshasa exige plus, Bruxelles salue

Réagissant à l’action amorcée par le président Obama, le gouvernement congolais a souhaité hier mercredi que les Etats-Unis « accentuent les pressions » sur des pays comme le Rwanda qui appuient le M23. Interrogé par l’AFP, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, s’est particulièrement réjoui « de tout effort qui viendrait de la première puissance mondiale en faveur de la stabilisation de la situation dans la région des Grands Lacs », souhaitant voir les Etats-Unis passer vite à l’action.
Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a, pour sa part, salué l'appel lancé par le président américain à son homologue rwandais. « Je crois que l'engagement du président Obama est important dans le dossier » de la crise dans la région des Grands Lacs », a-t-il affirmé à l'agence Belga depuis le Koweït, où il est en visite.
M. Reynders voit dans les propos du président américain « une unicité de vues et de messages » avec ceux exprimés par l'Union européenne - qui a également condamné le M23 et appelé "tous ceux qui sont concernés à mettre fin immédiatement à ce soutien et à respecter la souveraineté et l'intégrité territoriale de la RDC. Sans jamais citer le Rwanda ni l'Ouganda ni explicitement la possibilité de sanctions contre ces deux pays.
Le chef de la diplomatie belge attend cependant voir la démarche américaine être soutenue par l’ONU : « J'espère que cette démarche (de M. Obama) va se traduire par une démarche du Conseil de sécurité de l'ONU », qui étudie un renforcement du mandat de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la RDC (Monusco) et examine la possibilité de renforcer les sanctions frappant des responsables du M23, voire d'en imposer au Rwanda et à l'Ouganda pour leur soutien à cette rébellion, a ajouté Didier Reynders.

User du bâton et non de la carotte

Concernant le dossier de l’Est de la RDC, tout a été dit sur l’implication du Rwanda et de l’Ouganda a été formellement prouvé par divers rapports, dont celui du groupe d’experts de l’ONU sur la RDC. Plus rien ne devait dès lors bloquer la voie à des sanctions contre ces deux pays agresseurs de la RDC.
L’ampleur des dégâts causés sur le terrain est telle que l’Occident – avec les Etats-Unis en tête – ne peut plus se limiter aux exhortations ni aux simples condamnations. Au contraire, elle doit sanctionner les coupables dont la mauvaise foi n’est plus à démontrer. D’aucuns sont convaincus que seules les sanctions paraissent comme l’arme la plus efficace pour ramener le Rwanda et l’Ouganda aux bons sentiments.
Pourquoi devra-t-on sanctionner les agresseurs de la RDC ? Pour trois raisons principales. Primo, plus de six millions de Congolais sont morts du fait d’affrontements armés. Secundo, le nombre de déplacés internes, condamnés à l’errance perpétuelle, avoisine les deux millions. Tertio, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis en RDC sont des plus exécrables. C’est, notamment, le cas des viols massifs sur femmes et filles congolaises.
Barack Obama le sait. Jusques à quand le monde attendra-t-il pour agir ?  Il ferait mieux de faire usage du bâton que de la carotte.
[Le Potentiel]

L’ambassade des USA en RDC écrit au Potentiel

Cher Monsieur Freddy,
Nous avons lu l’article dans Le Potentiel hier intitulé « Paul Kagame dans le collimateur d’Obama ». Nous vous proposons cette déclaration de l’ambassadeur Entwistle en réponse à l'article, car nous pensons que l'ambassadeur Carson a, en effet, clairement indiqué les mesures prises par les Etats-Unis pour améliorer la situation dans l'Est du Congo.
La situation actuelle en République Démocratique du Congo est la plus violente en Afrique aujourd'hui. Environ cinq millions de gens ont perdu leurs vies depuis 1998, avec des millions traumatisés plus par le conflit. Comme le secrétaire adjoint d’Etat des Affaires africaines, Johnnie Carson, a dit lors de son témoignage au Congrès hier (Ndlr : jeudi 20 décembre), « aux plus hauts niveaux du gouvernement américain, nous sommes commis à aider la RDC et ses voisins à mettre fin à ce cycle de violence et d'instabilité… ».
Le gouvernement américain a fait appel aux pays concernés de la région pour démontrer leur engagement à atteindre une stabilité régionale viable. Ceci inclut que le Rwanda cesse tout soutien au M23 et que le gouvernement de la RDC entreprend une réforme complète de leur secteur de sécurité en professionnalisant son armée.
Nous exhortons aussi le secrétaire général des Nations unies à déployer une Commission spéciale des Nations unies pour aider les pays concernés de la région à atteindre une résolution politique durable et garantissent l'implémentation réussie de cette résolution sur le long terme.
La crise d'aujourd'hui est une tragédie profonde, mais il pousse aussi nos partenaires et nous de redoubler nos efforts pour aider la RDC et la région à déterminer un chemin plus viable vers la paix, la prospérité, et la sécurité à long terme.
Je vous remercie pour votre attention et je vous souhaite joyeuses fêtes et une bonne année.
Ellen B. Masi
Public affairs officer/Conseillère aux affaires publiques
498, Avenue colonel Lukusa
Gombe - Kinshasa
Democratic Republic of Congo/République Démocratique du Congo
TEL: (243) 81 556 0151, FAX: (243) 81 556 0175

NDLR

La rédaction du journal Le Potentiel prend acte de la réaction de l’ambassadeur des Etats-Unis en République démocratique du Congo. Elle se félicite de la reconnaissance, par les Etats-Unis, des cinq (5) millions de Congolais morts du fait des conflits armés commandités par ceux qui ne jurent que sur la partition de l’ex-colonie belge.
Chapeau bas à l’administration américaine ! Le pas effectué est bon, c’est déjà un point positif. Mais, il en faut davantage. Car au-delà de cette reconnaissance, le diplomate américain en poste à Kinshasa aurait fait œuvre utile en désignant le chat par son nom. Les coupables du drame congolais qui se décline en termes de millions de morts, des milliers de femmes voilées, des pillages systématiques des ressources naturelles de la RDC, sont connus. Deux rapports d’experts de l’Onu en font foi
L’autre reconnaissance attendue par l’opinion nationale, c’est celle du génocide congolais que le monde entier cherche, l’on ne sait pour quelle raison, à éluder. Les Congolais ont une seule prière : un procès pour établir les responsabilités et faire éclater la vérité. L’écrivain américain Adam Hochschild a, dans son brillant ouvrage « L’holocauste oublié. Le fantôme de Léopold II », dénoncé un génocide de 10 millions  de morts commis par le Roi des Belges, Léopold II, à l’époque de l’Etat indépendant du Congo (EIC). Face à ce que l’auteur présente comme évidence, le monde s’est curieusement tu. Il n’y a eu ni procès ni condamnation, alors que les coupables étaient connus, en  l’occurrence Léopold II et diverses multinationales qui ont appuyé son action d’extermination. En ce temps-là, en lieu et place du procès, l’EIC fut cédé à la Belgique. But : effacer les traces du génocide. Et partant couper le lien qui remonte jusqu’à l’instigateur.  Le peuple congolais refuse la réédition de l’opération « effacez le tableau ».   Le monde actuel– avec les Etats-Unis en tête de peloton, de par son statut de première puissance mondiale – ne doit pas oublier le génocide qui se commet en RDC depuis les années 1990 ; génocide auquel ont pris une part active le Rwanda et l’Ouganda, soutenus par des multinationales anglo-saxonnes.
La rédaction du journal Le Potentiel salue la mise au point de l’ambassadeur des Etats-Unis en RDC, à travers laquelle ce dernier réitère le soutien de son gouvernement au peuple congolais. Toutefois, elle espère que les recommandations formulées par le groupe d’experts de l’Onu seront prises en compte par l’administration Obama. Si d’aventure, celle-ci fermait les yeux sur le génocide congolais, elle se rendrait coupable de non assistance à peuple en danger.

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