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vendredi 15 mai 2015

La RDC fait face à un complot qui ne dit pas son nom

Face à la dégradation et aux contradictions de la situation politique générale et sécuritaire à l’Est de la RDC, l’on n’exagérerait pas si l’on conclut, face à la succession de ces faits et de bien d’autres, que, dans le fond, la République Démocratique du Congo fait face à un complot qui ne dit pas son nom. En effet, il est impossible, voire paradoxal, qu’un pays qui relève la tête sur tous les plans et qui en reçoit la reconnaissance objective des partenaires, se trouve entravé dans ses efforts par ces mêmes partenaires.
C’est ici que l’on se souvient du témoignage de Kengo Wa Dondo, ancien Premier Ministre, qui, en  2001, avait déclaré et démontré combien la communauté internationale, l’ONU en tête, avait entravé les initiatives pour le retour des réfugiés hutus rwandais dans leur pays. Cela se répète jusqu’à aujourd’hui.
L’on n'exagérerait pas non plus, de trouver la base des contradictions politiques de l’opposition dans des officines stratégiques de l’Occident. Tout indique que le pays est aujourd’hui victime d’une stratégie de pourrissement, comme si quelqu’un cherchait quelque part et de force à éditer un printemps sous les tropiques congolaises.
Tout ceci se joue autour du contrôle du pouvoir qui a pour prolongement les richesses de la RDC sur lesquelles l’on cherche à faire main basse. A ce sujet, on peut dire, sans crainte d’être contredit, que ce pays avait rompu avec la paix le jour où, las des conditionnalités de l’Occident pour le financement du développement, il s’était tourné vers l’Orient pour de nouveaux partenariats sous le format gagnant-gagnant.
Pour tout ceci et pour le salut de la Nation aujourd’hui à nouveau menacée dans ses fondements, il revient aux Congolais, et aux Congolais seuls, d’ouvrir l’œil et le bon.
La République Démocratique du Congo traverse actuellement une période trouble, confuse et chargée d’incertitudes quant au lendemain. Trouble et confuse en raison du croisement d’événements et d’initiatives qui rendent perplexes les observateurs les plus objectifs. La situation dure, d’ailleurs, depuis au moins huit mois et coïncide avec certains incidents dont la situation présente semble être la conséquence. Et cette situation revêt une double implication ou origine, à savoir les Congolais eux-mêmes et des partenaires (ou officines, c’est selon) extérieurs.
De quoi voulons-nous parler ?

1. Du volet politique

S’il faut remonter à la genèse de la situation sociopolitique interne, l’on partirait du sortir même des élections de 2011. C’est depuis lors, et suite aux différentes réactions sur les résultats des élections et la qualité de celles-ci, que l’on a à faire avec les comportements actuels d’une frange de l’opposition et de la société civile, soutenue en cela, par des axes extérieurs du mal. C’est depuis lors aussi que le pays fait face à des agressions récurrentes déguisées en rébellions internes qui, cependant, opèrent avec force renforts de l’extérieur dans une indignation hypocrite d’une communauté internationale plutôt encline à des négociations stériles qu’à l’application des dispositions pertinentes de la Charte des Nations Unies au sujet des agressions interétatiques.

Aux origines de la crise électorale

Au sortir des élections de 2011, le pays fait face à une vague de contestation des résultats aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. L’opposition y va de sa fougue, la société civile de même. Mais le tsunami vient de Mgr Monsengwo qui, sans considération des données techniques et statistiques de la Commission justice et paix de l’Eglise catholique qui reconnaît n’avoir couvert que 25% de la cartographie électorale d’alors, Monsengwo donc qui décrète, sans aucune démonstration technique, que les résultats de la présidentielle ne sont conformes ni à la justice, ni à la vérité.
Pendant ce temps, la communauté internationale parle de « nombreuses irrégularités » qui ont émaillé les élections. Cependant, la Fondation Carter, la seule à avoir couvert la plus large part de la cartographie électorale, et le groupe des partenaires électoraux de l’Union Européenne tiennent le même discours des irrégularités, mais ajoutent qu’elles n’ont pas affecté l’ordre d’arrivée des résultats.

Connexions et implications sur le présent

On en restera là jusqu’à ce jour, à l’orée de la fin de la mandature de 2011 où l’on assiste à une agitation qui ne dit plus son nom. En effet, si le discours dominant est à l’opposition contre un troisième mandat pour l’actuel Chef de l’Etat, contre le glissement du calendrier électoral, contre le calendrier électoral lui-même, mais à la fois contre tout ce qui précède et un dialogue inclusif préalable, l’on ne comprend plus les rebuffades qu’affichent l’opposition radicale et une frange de la société civile.
Le cas le plus troublant est la volte-face de l’aile radicale du MLC qui, il y a une dizaine de jours, a transmis, avec l’UDPS et l’UNC, un mémo au Chef de l’Etat demandant un dialogue inclusif, mais qui, hier mardi 12 mai 2015, se rétracte pour préférer les élections au dialogue.
Avant cela, l’aile radicale de l’opposition s’est laissé aller aux chants des sirènes  qui leur ont fait miroiter la « libération » par un « écourtement » du mandat présidentiel actuel par des actions prétendument citoyennes, mais qui s’avèrent avoir été des initiatives insurrectionnelles. C’est alors que l’on voit venir en RDC des membres des mouvements dits pro-démocratie du Burkina Faso et du Sénégal, présentés comme modèle d’initiation à la participation à la gouvernance.
On en connaît la suite, mais personne ne semble faire attention à la suite de ces mouvements dans leurs pays d’origine.
Au Burkina Faso, Blaise Compaoré s’en est allé, bien entendu, mais la transition instaurée reste contrôlée, dans une large part, par les caciques de son régime. Pire encore, la loi électorale adoptée exclut de l’éligibilité les anciens membres du régime Compaoré, comme s’ils n’étaient plus des Burkinabés, mais la communauté internationale – la France en tête – qui avait soutenu et salué l’insurrection burkinabée, demeure aussi muette qu’aveugle sur cette dérive et ce déni de démocratie qui se déploie sous nos yeux comme un éléphant sur le nez d’une mouche.
Au Sénégal, Abdoulaye Wade avait, certes, tenté de réaménager la Constitution pour se taper l’opportunité de se représenter pour une troisième mandature. Le soulèvement populaire avait enrayé sa tentative, mais il s’était quand même présenté aux élections et avait été battu par Macky Sal au second tour, ce qui, sociologiquement, démontre que Wade jouissait du soutien d’une bonne part de l’électorat sénégalais.
La légitimité a un socle sociologique avant d’être cimentée par la légalité…
Par la suite, pour son mandat actuel, Sal avait fait une promesse électorale de faire réviser la constitution afin de modifier la durée du mandat présidentiel. Il fut élu, entre autres, pour cette promesse qu’avant lui, Abdou Diouf et Abdoulaye Wade avaient faites également. Cependant, au soir, pratiquement, de son mandat actuel, Macky Sal exhume cette promesse et veut réviser la durée du mandat présidentiel. Les constitutionnalistes les plus avisés savent qu’en retouchant ce point d’une constitution, qui est l’un des principaux piliers d’une République, toutes les dispositions et compteurs antérieures tombent à l’eau pour donner au Président en place la possibilité de se relancer sur le nouveau décompte des mandatures.
Sur ça aussi, notre chère communauté internationale demeure muette, sourde et aveugle…

Come-back en RDC

Revenons en RDC. Après une série d’échauffements dans un slalom jalonné de suspicions, de soupçons et de procès d’intention quant à l’intention du Chef de l’Etat, l’opposition a embarqué l’électorat dans un flou indescriptible avant d’aller au casting présidentiel chez Herman Cohen qui renverra tout le monde aux études.
Après l’échec des initiatives insurrectionnels, l’opposition se retrouve à la croisée des chemins, ne sachant pas lequel emprunter entre aller aux élections et à un dialogue inclusif qu’elle a, elle-même, toujours réclamé depuis le sortir des élections de 2011. Même à propos des élections, l’opposition ne nous indique pas clairement comment elle entend s’y rendre, à part l’exigence préalable et prioritaire des législatives et de la présidentielle, reléguant ainsi les locales aux calendes grecques. Pourtant, c’est cette même opposition qui, lors d’un conclave tenu en juillet 2012, en avait appelé au renversement de la pyramide pour commencer le prochain cycle électoral à la base.
Ne parlons pas, alors, de cette guéguerre sur le glissement ou pas d’un calendrier électoral global réclamé à cor et à cri mais disqualifié à sa publication au motif qu’il serait irréaliste. Irréaliste simplement parce qu’il ne satisfait pas à l’exigence de l’opposition qui veut, avant tout, la présidentielle et les législatives nationales.

Dialogue inclusif contre élections

C’est sur ces entrefaites que remonte à la surface la question d’un dialogue inclusif. L’UDPS, l’UNC et le MLC transmettent au Chef de l’Etat leurs mémos respectifs qui se recoupent sur leurs ordres du jour. On retient, pour l’essentiel, que ce dialogue est un préalable à la poursuite du processus électoral. On retient aussi que, pour ces trois partis, ce dialogue ne doit déboucher ni sur un partage du pouvoir ni sur un glissement de mandat.
Mais, paradoxalement, on retient, d’une part, que, selon la jurisprudence des négociations politiques en RDC, les négociations finissent toujours sur une transition qui rime avec le « partage équitable et équilibré du gâteau », et, d’autre part, qu’au regard du cahier des charges de ce dialogue inclusif, un glissement de mandat est incontournable et que, quel que soit le calendrier électoral que l’on peut confectionner, le même glissement de mandat serait incontournable.
On veut donc une chose et son contraire à la fois !!!

2. Du volet sécuritaire

Sur le volet sécuritaire, l’on se souvient de la vaillance de l’armée régulière manifestée depuis la mise en déroute du Mouvement du 23 mars. Jusque-là, cette force était présentée comme le ventre mou des grands lacs, traversée aussi bien par des trahisons internes que par l’affairisme de ses chefs, l’indiscipline de ses hommes de troupes et la désorganisation générale, sans compter le manque de confiance de la population qu’elle est censée protéger.
En quelques trois mois d’offensive, les FARDC, sous la houlette de son Commandant Suprême Joseph Kabila, ont affiché un nouveau visage, forçant l’admiration, aussi bien des Congolais que des partenaires extérieurs. On se souvient de ces haies humaines qui, à l’Est, se formaient au passage de ces vaillants soldats, leur offrant aussi bien de l’eau que du peu de réserves alimentaires que pouvaient encore avoir ces populations longtemps martyrisées par l’insécurité.
Il serait ingrat d’ignorer l’apport, dans ces victoires successives de la collaboration entre l’armée nationale et la Brigade onusienne d’intervention qui est venue, elle aussi, redorer le blason terni de la mission onusienne elle-même qui, installée en RDC depuis au moins 15 ans pour, principalement, protéger les populations civiles, aura plutôt excellé en statistiques sur les bilans des combats et des tueries aveugles dues à l’insécurité ambiante, mais aussi sur des rapports relatifs aux violations des droits de l’homme. Tout ceci sans compter leurs dénonciations de l’affairisme des chefs militaires congolais pendant que les casques bleus et leurs chefs s’y livraient aussi à cœur joie, tel que le renseignent, de temps en temps, des rapports au Conseil de Sécurité.

Dégradation des rapports et connexion avec la montée de l’insécurité

On en était à la cordialité des rapports entre l’Etat congolais et la mission onusienne jusqu’au moment de l’assaut décisif contre les forces négatives. Les préparatifs vont bon train jusqu’à ce que les choses se gâtent.
Premier acte : le commandement militaire onusien exige un plan des opérations, alors que les préparatifs pour ce faire se faisaient conjointement.
Deuxième acte : au moment où la hiérarchie politique et militaire décide de la mise en place d’un nouveau commandement à l’Est, la mission onusienne remet en cause deux des officiers généraux qui venaient d’être affectés, justement pour les opérations en préparation. Mis en cause au motif non démontré de leur probité douteuse sur les droits de l’homme.
Tollé général dans le camp du Gouvernement qui n’a jamais eu vent d’un tel rapport. Qu’à cela ne tienne, l’ONU franchit le rubicond de la brouille à partir de son Chef même. C’est, en effet, Ban Ki Moon en personne, Secrétaire Général de l’ONU de son état, qui décide de la suspension de la collaboration de la force onusienne dans les opérations militaires en vue.
Réponse du berger à la bergère, c’est le Chef de l’Etat congolais, Commandant Suprême des forces armées de son état, qui, las des rodomontades de la communauté internationale, décide et annonce que les FARDC se passeront désormais de la collaboration des forces onusiennes dans les opérations militaires à l’Est, opérations qui seront lancées dans les heures qui suivaient.

Qui veut salir la RDC et ses FARDC ?

L’armée régulière évoluait depuis avec succès, faisant montre d’un professionnalisme remarquable, jusqu’au déclenchement des tueries aveugles qui, en quelques trois mois, feront plus de 300 morts, plus même que les dégâts directs et/ou collatéraux des combats militaires sur les populations civiles.
Qui sont ces tueurs, d’où viennent-ils et que revendiquent-ils ? Autant de questions essentielles qui ne trouvent pas encore de réponse, alors que ces assassinats barbares commencent à ternir l’image de l’armée régulière et du régime en place. Pendant que l’on continue à se poser des questions, la situation sécuritaire ne fait que se dégrader.
D’une part, alors que les FARC sont en pleines opérations, un autre rapport fuite au Conseil de sécurité, faisant état de l’indexation de 7 autres officiers militaires et de la police déclarés potentiellement susceptibles de graves violations des droits de l’homme.
D’autre part, alors que, malgré les opérations militaires, la situation sécuritaire ne fait que se dégrader avec des tueries aveugles, l’on apprend des incursions de militaires rwandais et ougandais en territoire congolais. L’on apprend aussi que des réunions d’ex-M23 se tiennent en Ouganda et au Rwanda pour le lancement d’une nouvelle rébellion.
D’ordinaire, ce genre d’accusations pique au vif les autorités rwandaises qui ne tardent jamais à réagir. Mais cette fois-ci l’on a droit à un silence peuplé d’interrogations. C’est, cependant, sur ces entrefaites que Bertrand Bisimwa, chef de la branche politique du M-23 défait, se fend d’une déclaration dans laquelle il déplore la situation sécuritaire à l’Est, en attribue la responsabilité aux insuffisances, selon lui, du Gouvernement, demande la démission du Gouverneur du Nord-Kivu et appelle la population à « se prendre en charge ».

Suspectes coïncidences

Ceci explique-t-il cela ? Au moins, cette sortie médiatique a le mérite de sortir quelque peu le loup des bois. On se souvient, en effet, de l’offensive diplomatique de l’ONU pour un dialogue visant la reprise de la collaboration entre les forces onusiennes et l’armée congolaise contre les forces négatives. Hervé Ladsous, Secrétaire d’Etat adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, a même fait le déplacement de Kinshasa pour cela. L’insécurité galopante à l’Est serait-elle l’initiative des stratèges onusiens pour amener le Gouvernement à céder à l’offensive diplomatique onusienne ?
En tous cas, toutes les hypothèses demeurent ouvertes, surtout que l’on sait qu’avant même la crise actuelle entre la RDC et l’ONU, la mission onusienne disposait de tous les moyens nécessaires, jusqu’à des drones, pour assurer et renforcer la surveillance sécuritaire à l’Est, mais cela n’a presque jamais aidé à la rétablir et la maintenir…

Considérations finales et retour aux prolégomènes

A tout prendre, l’on n’exagèrerait pas si l’on conclure, face à la succession de ces faits et de bien d’autres, que, dans le fond, la République Démocratique du Congo fait face à un complot qui ne dit pas son nom. En effet, il est impossible, voire paradoxal, qu’un pays qui relève la tête sur tous les plans et qui en reçoit la reconnaissance objective des partenaires, se trouve entravé dans ses efforts par ces mêmes partenaires.
C’est ici que l’on se souvient du témoignage de Kengo Wa Dondo, ancien Premier Ministre, qui, en  2001, avait déclaré et démontré combien la communauté internationale, l’ONU en tête, avait entravé les initiatives pour le retour des réfugiés hutus rwandais dans leur pays. Cela se répète jusqu’à aujourd’hui.
L’on n’exagèrerait pas non plus, de trouver la base des contradictions politiques de l’opposition dans des officines stratégiques de l’Occident. Tout indique que le pays est aujourd’hui victime d’une stratégie de pourrissement, comme si quelqu’un cherchait quelque part et de force à éditer un printemps sous les tropiques congolaises.
Tout ceci se joue autour du contrôle du pouvoir qui a pour prolongement les richesses de la RDC sur lesquelles l’on cherche à faire main basse. A ce sujet, on peut dire, sans crainte d’être contredit, que ce pays avait rompu avec la paix le jour où, las des conditionnalités de l’Occident pour le financement du développement, il s’était tourné vers l’Orient pour de nouveaux partenariats sous le format gagnant-gagnant.
Pour tout ceci et pour le salut de la Nation aujourd’hui à nouveau menacée dans ses fondements, il revient aux Congolais, et aux Congolais seuls, d’ouvrir l’œil et le bon.
[Pascal Debré Mpoko]

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