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vendredi 22 mai 2015

RDC : A qui profitent les tueries de Beni ?

La réponse à cette question est, indubitablement, à tous ceux qui trouvent leurs comptes dans l’entretien du guêpier du grand Kivu. Une des catégories citées, deux, trois d’entre elles ou elles toutes. Certes, au grand dam du pouvoir dont la bonne appréciation passe par l’extinction du boucher du grand Kivu et qui est même déjà inculpé de ne pas prendre à cœur la pacification de Kivu. Les trahisons au sein de l’armée, parmi les cadres congolais ainsi que même la collaboration du peuple avec les pilleurs et meurtriers compliquent la tâche du gouvernement qui veut éradiquer l’insécurité dans le grand Kivu ayant lancé l’opération Sukola 1 en dotant les FARDC de moyens conséquents.
Le constat fait est tel que des tueries attribuées aux forces négatives étrangères persistent à sévir au Nord-Kivu. Un nouveau massacre de civils a été perpétré dans la nuit du mardi à mercredi 12 mai 2015 par des hommes armés à Mapiki et Sabu, deux villages du secteur de Beni–Mbau situés à près de 30 Kilomètres au nord-ouest de la ville de Beni (Nord-Kivu).
A en croire la société civile locale, une vingtaine de personnes y ont été tuées à la machette. Il est rapporté  que c’est aux environs de 19 heures locales le mardi, que des hommes armés ont commis leur forfaiture à Mapiki et Sabu. Des sources locales, l’on a appris que les assaillants ont découpé à la hache et à la machette plusieurs habitants tuant une vingtaine d’entre eux. D’après la version du Président de la société civile du territoire de Beni, Teddy Kataliko, il y a sept civils tués à Mapiki et quinze autres à Sabu. L’administrateur du territoire de Beni, Amisi Kalonda, outre » qu’il confirme ce massacre, précise, toutefois qu’uniquement une dizaine de corps, à moins de nouvelles trouvailles, ont été ramassés par les services de sécurité dépêchés sur les lieux.
A la mi-mai 2015, il est fait état de plus 400 personnes, parmi lesquels plusieurs enfants, massacrées  par des hommes armés depuis début octobre 2014 dans les localités du territoire de Beni situé dans le Nord-Kivu. A propos d’effets consécutifs à ces massacres, le tableau n’est guère brillant. Il est fait état, en effet, des milliers de déplacés. En Ituri dans la Province Orientale, se sont réfugiés plus de 3 500 déplacés venant Nord Kivu depuis octobre 2014, constitués en grande partie des femmes et des enfants. A Komanda, à 80 km au sud-ouest de Bunia, où ces réfugiés se sont établis privés de tout pour avoir tout laissé dans leur fuite subite, leurs récits des peines endurées décrivent des scènes funestes d’une rare sauvagerie vécues.
Cependant l’histoire tueries de la population du territoire de Beni fait penser à toutes celles survenues dans le grand Kivu depuis l’arrivée, en 1994, des réfugiés Hutus rwandais. Cet effort de mémoire permet de se rendre compte de combien les Congolais du grand Kivu font l’objet des tueries. Dans les récents massacres, ce sont les rebelles ougandais d’ADF Nalu qui sont sur le banc des accusés.
Les politiques congolais se sont mêlés de ces tueries pour élaborer des théories explicatives à base d’impostures ou d’intox ou en font carrément des fonds de commerce politiciens pour essayer de rebondir politiquement. Au nombre de ces politiques, des noms comme Vital Kamerhe, Mbusa Nyamwisi et d’autres noms des opposants sont cités. La prise de position de ces politiques amène à se poser la question pour connaître les bénéficiaires de ces tueries. Le Gouverneur du Nord-Kivu et certains députés de l’opposition battent en brèche le Premier-ministre accusé de ne s’occuper que de l’économie sans se soucier du sort du peuple de Béni.
Par le passé, les Hutus ayant élu domicile à Goma tuaient les Zaïro-congolais. Il a été rapporté que les  rebelles Hutus avaient la gâchette facile puisque parmi les Zaïro-congolais comme il y avait des personnes armées parmi ceux-là.
La guerre dite de libération menée par l’Alliances des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo, AFDL, avait sonné le glass pour bien des Congolais de l’Est, obligés à cause d’elle, de fuir qui vers l’intérieur du pays, qui vers l’extérieur. Nombreux ainsi d’entre eux ont trouvé la mort.
Avec le début, le 2 août 1998, de la guerre du Rassemblement Congolais pour la démocratie, RDC-Goma, les Congolais, civils comme militaires, ont aussi, nombreux, trouvé la mort. La guerre du RDC-Goma a donné lieu au foisonnement des rébellions, les unes toutes aussi meurtrières et pillardes que les autres.
Après  le dialogue inter-congolais, l’insécurité créée par la bande à Jules Mutebusi et Laurent-Nkunda a continué à envoyer ad patres des Congolais du grand Kivu. Le Congrès National pour la Défense du Peuple, CNDP, de Laurent-Nkunda a mis le comble à cette tragédie et s’est fait succéder au rôle terroriste par le Mouvement du 23 mars, le M23.
Il sied, cependant de reconnaître qu’il n’y a pas que ces mouvements politico-militaires majeurs qui ont tué et désemparé les Congolais du Kivu. A côté d’eux, sévissent également toutes les forces négatives répertoriées qui se livrent aux viols, exactions, violences, pillages divers, carnage des peuplades kivutiennes, etc. Les plus négativement célèbres parmi elles sont les forces négatives étrangères FDLR, les ADF-Nalu, les APLC, les FNL, etc. ; ainsi que des forces négatives nationales Cobra Matata, Raia Mutomboki, etc.
Quant au bilan humain des actions nocives de ces forces négatives, des sources ne s’accordent guère, mais l’on estime à plus de 6 millions des morts, les victimes humaines de ce cycle pernicieux des violences et hécatombes au grand Kivu.

Des théories explicatives diverses

Il y en a qui estiment, se fondant sur l’existence d’un projet de balkanisation de la RDC, qu’une bonne partie de l’Est de la RDC est convoitée par l’Ouganda, le Burundi ainsi que et surtout le Rwanda. Aussi s’activent-ils à rendre infernale la vie aux Congolais du Kivu pour que, soit ils fuient les terres pour que les habitants desdits pays les occupent, soit excédés et embrouillés, ils demandent carrément à faire partie des susnommés pays.
D’aucuns estiment que le plus virulent d’entre les pays qui ambitionnent de prendre des terres à la RDC, c’est le Rwanda. Celui-ci s’emploie à créer toutes les conditions de la création de la république du volcan qui, d’abord réclamera son autonomie à l’endroit de la RDC, avant de se rattacher au Rwanda par la suite. Les dernières tueries dans le territoire de Beni ont été précédées par une entrée éclair des militaires rwandais au Nord de Goma au Nord-Kivu et des voix, dont celle du gouverneur Julien Paluku, faisaient état d’une réactivation du M23 sous une nouvelle appellation. Et le M23 est connu comme une émanation rwandaise.
Une troisième interprétation fait valoir les envolées mercantilistes des prédateurs impérialistes qui, voulant s’approvisionner à leur guise des matières précieuses du grand Kivu, choisissent de collaborer avec l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi qui entretiennent de pseudo-rebellions en RDC ou des groupes armés nationaux comme étrangers. Ces puissances, représentées par la Monusco, gèreraient les choses de manière à pérenniser le statu quo. Il semble qu’il y ait des aérodromes dans les brousses de l’Est à partir des quels atterriraient et décolleraient des avions qui emportent les minerais et autres richesses de sang et d’entretien du guêpier est-congolais.
Une autre explication veut que le guêpier soit entretenu par tous ceux qui en profitent pour se livrer à l’exploitation et à la commercialisation des minerais et autres richesses du grand-Kivu. Aussi entretiennent-ils le guêpier pour des raisons d’enrichissement ou de cupidité. Aux prétentions et indiscrétions de beaucoup, des Congolais, civils comme militaires noircissent aussi leurs mains dans cette histoire.
Les gens de Béni ont aussi été accusés de collaborer avec leurs assaillants pour des fins inavoués mais qu’on peut deviner et qui se trouvent dans les cas ci-haut épinglés. Ainsi, ils ne dénoncent pas les assaillent et tant s’en faut ils leur vouent une collaboration contre la paix, la stabilité et la concorde sur leurs propres terres et contre leurs propres frères, sœurs, parents et enfants.

A qui profitent les tueries ?

La réponse à cette question est, indubitablement, à tous ceux qui trouvent leurs comptes dans l’entretien du guêpier du grand Kivu. Une des catégories citées, deux, trois d’entre elles ou elles toutes. Certes, au grand dam du pouvoir dont la bonne appréciation passe par l’extinction du boucher du grand Kivu et qui est même déjà inculpé de ne pas prendre à cœur la pacification de Kivu. Les trahisons au sein de l’armée, parmi les cadres congolais ainsi que même la collaboration du peuple avec les pilleurs et meurtriers compliquent la tâche du gouvernement qui veut éradiquer l’insécurité dans le grand Kivu ayant lancé l’opération Sukola 1 en dotant les FARDC de moyens conséquents.
Aujourd’hui, face à la persistance du mal, les ennemis croient réussir leurs visées. Le peuple est déjà appelé à se prendre en charge. Mais cet appel, pour le gouvernement ne signifie pas le signe précurseur d’un ras le bol populaire qui conduirait à la demande d’autonomie des peuples de Kivu. Pour les ennemis, tel Bertrand Bisimwa, le président de l’ex M23, un tel appel est intrigant et l’indexe comme à l’origine des tueries qui forcent le peuple au désarroi. L’opposition qui, dans son analyse méconnaît tous les facteurs concourant à ce guêpier, ne brandit que l’incompétence du gouvernement et en profite pour en appeler à sa démission. Cependant, le guêpier du grand Kivu est une mer archi-profonde qu’il sied d’observer avec délicatesse et circonspection.
[Samy BOSONGO]

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