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dimanche 10 mars 2013

Probable conclusion des pourparlers de Kampala : le schéma du CNDP revient au galop

(Le Potentiel 08/03/2013)
Malgré la dislocation du M23 en deux groupes distincts, Kinshasa a préféré se rapprocher de l’aile Makenga. C’est avec elle qu’il s’apprête à signer un accord à Kampala. Mais, comme avec le CNDP en 2009, le schéma est presque le même. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faut craindre un revirement dans ce deal contre nature.
Les pourparlers de Kampala ont amorcé leur dernière ligne. Des sources concordantes rapportent que Kinshasa serait prêt à signer, dans la capitale ougandaise, un accord avec l’aile Makenga du M23, tournant le dos à l’aile Runiga, très proche, selon Kinshasa, du général renégat Bosco Ntaganda. Un scenario qui s’accommode bien à celui appliqué au temps du CNDP.
Contacté par Jeune Afrique, Lambert Mende ne confirme pas l’information. « Il n’en est rien, explique le porte-parole du gouvernement de la RDC. Avec l’éclatement du M23 en deux branches, nous nous retrouvons plutôt devant un problème d’identification d’interlocuteurs pour poursuivre les pourparlers dans la capitale ougandaise ». Mais, sur place à Kampala, les sources proches de la délégation congolaise n’excluent pas l’hypothèse d’un rapprochement entre Kinshasa et l’aile pro-Makenga du M23.
Bis repetita
L’on se rappelle qu’au temps fort de la rébellion menée par Laurent Nkunda dans le cadre du CDNP, Kinshasa a été amené à faire un choix lorsqu’il surgit au sein du CNDP deux ailes dissidentes, l’un menée par Nkunda et l’autre par Ntaganda. Kinshasa porta alors son choix sur Ntaganda, vouant aux gémonies Laurent Nkunda. Le nouveau pacte entre Kinshasa et l’aile Ntaganda du CNDP sera consacré dans l’accord du 23 mars 2009 à Goma – le même sur lequel le M23 légitime son action d’avril 2012.
Comme si l’histoire se répétait, nous voilà aujourd’hui dans le même cas de figure qu’il y a quatre ans. En effet, le M23, présidé au départ par Jean-Marie Runiga, qui éclatait en deux blocs distincts. L’un commandé par Sultani Makenga, alors que l’autre aile est restée sous le contrôle de Runiga. Comme en 2009, Kinshasa a été, une fois de plus, amené à faire un choix. Avec qui conclure un probable accord à Kampala où se tenaient depuis plus de deux mois des pourparlers directs entre le gouvernement de la RDC et le M23 ? Finalement, Kinshasa a jeté son dévolu sur l’aile Makenga, confirment plusieurs sources, dont Reuters, repris par divers médias.
Le nouveau fusible de l’Est : Makenga
Déclaré persona non grata par la communauté internationale qui a confié à la CPI le mandat de le déférer devant ses juridictions, Ntaganda ne fait plus ce « fusible » vanté jadis pour la consolidation de la paix dans l’Est du pays. Avec le temps, Ntaganda a donc été atteint par l’usure, si bien que le fusible ne garantit plus cette paix tant recherchée par Kinshasa. La trouvaille de Kinshasa s’appellerait « Makenga ». C’est donc avec lui que Kinshasa est prêt à signer, sous l’œil vigilant du président Museveni, facilitateur désigné par la CIRGL, un accord pour la fin des hostilités dans la province du Nord-Kivu.
Se rappelle-t-on cependant de ce qui se passait lorsque Kinshasa s’est lié avec Ntaganda ? Quel dividende Kinshasa a-t-il tiré de son rapprochement avec Ntaganda ? Qu’en sera-t-il alors avec Makenga ? Des questions qui sèment le doute sur le nouvel accord que le gouvernement s’apprête à conclure dans la capitale ougandaise.
Mais, selon certaines indiscrétions, le modus operandi de ce nouvel accord est proche, à quelques exceptions près, de celui mis en œuvre avec le CNDP. La paix avec le M23 se négocie en échange de l’intégration des éléments militaires dans l’armée nationale. Puis, viendra la reconnaissance des grades.
Même si des sources présentes dans la capitale ougandaise indiquent que Kinshasa ne serait prête qu’à reconnaître des grades des soldats du M23 jusqu’au rang de lieutenant, l’on craint qu’il en soit ainsi dans la pratique. Sinon, quel intérêt aura Sultani Makenga à conclure avec Kinshasa s’il n’a pas l’assurance de reconnaissance de son grade de général dans l’armée nationale.
« Chassez le naturel, il revient au galop », enseigne un vieil adage. Depuis la rébellion du RCD, suivie du MLC, la RDC se trouve bel et bien dans un cercle vicieux. Ce qui annihile toutes les initiatives menées depuis Sun City (Afrique du Sud) dans le cadre de la réforme et de la restructuration de l’armée de la RDC. Avec l’accord global et inclusif de Sun City, les éléments des mouvements rebelles (RCD/Goma, MLC, etc.) et d’autres groupes armés ont intégré dans les Forces armées de la RDC avec la reconnaissance immédiate de leurs grades. En 2009, le CNDP et d’autres groupes armés, signataires de l’accord de Goma, ont bénéficié de mêmes faveurs, avec les opérations de mixage et de brassage dans les FARDC.
C’est ce schéma qui est en gestation à Kampala. Sultani Makenga, le même qui croupit sous les sanctions des Nations unies, est ce nouveau fusible sur lequel Kinshasa a préféré faire usage pour le retour de la paix dans l’Est. Il en a été ainsi avec Ntaganda, avant que l’on arrive à un divorce. En sera-t-il le cas pour Makenga ?
Wait and see, recommande une vieille sagesse anglophone.

Écrit par F.K.

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