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mercredi 10 octobre 2012

Kivu (RDC) : Kamerhe a-t-il la solution ?

Le président de l'UNC, Vital Kamerhe, a présenté le 5 octobre son "plan de sortie de crise" du conflit qui secoue l'Est de la République démocratique du Congo (RDC). L'ancien président de l'Assemblée nationale révèle que Kinshasa et le M23 négocient déjà "sous l'égide du président ougandais Museveni" et appelle au dialogue avec le Rwanda. Kamerhe demande également au président Kabila d'ouvrir un débat national avec l'ensemble des partis politiques, de la société civile et de la diaspora congolaise. Si le "plan Kamerhe" semble avancer des évidences, il a au moins le mérite de briser un tabou : la nécessité de réunir tous les protagonistes autour d'une table.

Vital Kamerhe octobre 2012.jpg"La nation est en danger". Pour Vital Kamerhe, l'ancien bras droit de Joseph Kabila, passé à l'opposition depuis 2010, "le péril, ce sont ces guerres récurrentes qui déstabilisent notre pays depuis bientôt deux décennies". Depuis avril 2012, un nouveau conflit agite le Nord-Kivu et oppose la rébellion du M23 aux forces gouvernementales. Le M23, n'est que le "copier-coller" d'un autre mouvement rebelle, le CNDP, qui avait lui aussi affronté Kinshasa dans la même région, en 2008.
Comment "arrêter la guerre" ?

Selon Kamerhe, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), ce conflit a de sérieux risques de s'étendre "vers le Sud (Sud-Kivu et Nord-Katanga) et vers le Nord (Ituri), au vu de la multiplicité des acteurs impliqués et des groupes armés". Le "plan Kamerhe" propose "d'arrêter la guerre". Pour cela, "Kigali et Kinshasa doivent se parler sincèrement et conclure une vraie paix des braves autour de (…) la sécurité commune des frontières, des groupes armés, du trafic illicite des minerais du Congo". Dans son "plan de sortie de crise", Kamerhe révèle un "secret de polichinelle" en affirmant que "le gouvernement de la RDC est déjà en discussion avec le M23, sous l’égide du Président Yoweri Museveni qui préside la Conférence Internationale sur la Région des Grands-Lacs".

Pour l'ancien président de l'Assemblée nationale congolaise, Joseph Kabila doit ouvrir un grand débat avec les acteurs de la société congolaise et "associer tous les leaders politiques et de la Société civile de tous bords, ainsi que la diaspora congolaise, à la recherche d’une solution durable à ce problème". Le président de l'UNC, veut récréer "la cohésion nationale" indispensable au retour de la sécurité en RDC. Selon lui, "aucune opération militaire, y compris les opérations conjointes avec l’Ouganda et le Rwanda sur le territoire congolais, n’a apporté la solution escomptée, à savoir l’anéantissement des rebellions et des groupes armés". A son "humble avis", toutes ces solutions "se sont plus attaquées aux effets qu’aux causes réelles de l’insécurité dans la sous-région des grands lacs".
Un geste vers Tshisekedi et Bemba

Sur le plan national, Vital Kamerhe demande à Joseph Kabila de tendre la main à l'opposition et recommande "une visite surprise à Monsieur Etienne Tshisekedi, l’écouter le rassurer et lever le cordon sécuritaire qui entoure sa résidence. Il ne mérite pas le traitement humiliant qu’il subit actuellement". Le président de l'UNC souhaite également que la Cour pénale internationale (CPI) clôture officiellement le dossier concernant Jean-Pierre Bemba (en prison depuis 5 ans, après sa défaite face à Joseph Kabila, lors de l'élection présidentielle de 2007). Kamerhe demande aussi un geste d'apaisement concernant les "détenus d'opinions" comme Chalupa, Kuthino ou Mokia, mais veut aussi rassurer d'autres opposants comme Mbusa Nyamuisi, Diomi Ndongala (dont la famille dénonce sa détention par le régime) et Roger Lumbala.
Crédible ?

Si le "plan Kamerhe" énonce un certain nombre d'évidences pas vraiment originales, il recèle quelques qualités. La première : briser le tabou autour du terme de "négociation", que Kinshasa ne veut prononcer sous aucun prétexte. Il semble en effet évident qu'à un moment ou un autre, les autorités congolaises et le M23 se mettront autour d'un table… alors pourquoi attendre ? (surtout que d'après Kamerhe, c'est déjà fait). Deuxième qualité : "le plan Kamerhe" est la seule sortie de crise proposée par l'opposition qui ne met pas comme préalable le départ du pouvoir du président Joseph Kabila. Pour la grande majorité des autres partis d'opposition (comme l'UDPS) : le principale problème étant Joseph Kabila lui-même, rien ne doit être fait, avant son départ, et surtout pas de négocier avec le M23. Cette position se discute, mais elle possède un important désavantage : le temps file et rien ne se passe (et déjà plus de 6 mois de crise).

Comme pour la campagne présidentielle de 2011, pendant laquelle Vital Kamerhe avait publié un livre programme : "Les fondements de la politique transatlantique de la RDC", son "plan de sortie de crise" a le mérite de coucher sur le papier son projet "noir sur blanc". Il est vrai que l'on attend toujours le programme électoral d'Etienne Tshisekedi ou de Joseph Kabila pendant la dernière présidentielle… et encore plus leurs stratégies pour ramener la paix à l'Est. Mais pour être crédible, le "plan Kamerhe" devra franchir de nombreux obstacles et tout d'abord celui de la légitimité. L'ancien directeur de campagne de Joseph Kabila en 2006 a toujours du mal à se faire accepter dans "le camp de l'opposition". Avant, pendant et après les élections de 2011, nombreux sont ceux qui doutaient de sa franchise. Beaucoup pensent encore que Vital Kamerhe doit faire ses preuves d'opposant au régime, lui qui a servi pendant si longtemps l'actuel président Kabila. Pendant la campagne électoral, certains l'on accusé de "taupe" du régime chargé de faire perdre Thsisekedi (Kamerhe est arrivé en troisième place à la dernière présidentielle). Un câble diplomatique secret, révélé par Wikileaks, donnait un portrait "nuancé" du patron de l'UNC : "Kamerhe recourt fréquemment au mensonge pour s'assurer un gain politique. (…) Nos informateurs nous rapportent que son ambition aveugle de devenir un jour président a compromis son jugement"… des propos qui ne rassurent personne à Kinshasa sur les intentions réelles de l'ancien président de l'Assemblée nationale. Dernier obstacle : Vital Kamerhe vient de l'Est, de Bukavu au Sud-Kivu. Ce qui pourrait apparaître comme un atout, car il connaît bien la région et les causes du conflit, devient un handicap pour convaincre, conquérir et s'imposer politiquement dans le reste des provinces congolaises. Une chose est sûre : avec son "plan de sortie de crise", Vital Kamerhe entend s'imposer sur l'échiquier politique congolais et rester un interlocuteur de premier ordre dans le conflit du Kivu, aux yeux de la communauté internationale. Pour cela au moins, le "plan Kamerhe" a déjà réussi.
Christophe RIGAUD - Afrikarabia
Photo : Vital Kamerhe le 5 oct 2012 © UNC
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vendredi 5 octobre 2012

Fortes pressions de l’ONU sur le M23

(Le Potentiel 05/10/2012) Comme Thomas Lubanga, condamné par la Cour pénale internationale pour enrôlement d’enfants, les rebelles du M23 pourraient subir le même sort. A la communauté internationale, la question est prise au sérieux. La signature, hier jeudi devant le Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, entre la RDC et le système des Nations unies d’un plan d’action contre le recrutement et l’emploi d’enfants dans les conflits armés a été l’occasion pour Roger Meece, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, de lancer un nouvel avertissement au M23 dans son aventure de l’Est du pays. Il n’exclut pas que les responsables du M23 répondent un jour de leurs actes devant la Cour pénale internationale. Mais, l’opinion congolaise attend voir la communauté internationale passer vite à l’action pour neutraliser le M23 et sanctionner son principal soutien, le Rwanda.
Un accord lie désormais le gouvernement congolais aux organismes du système des Nations unies dans la lutte contre le recrutement et l’utilisation des enfants dans les forces armées. L’accord concerne également d’autres violations graves des droits de l’enfant par les forces armées et les services de sécurité de la RDC. La signature de ce document est intervenue hier jeudi à la Primature. Le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, a engagé le gouvernement ; Roger Meece, chef de la Monusco a représenté les Nations unies. Témoins privilégiés de la cérémonie : le Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, et Mme Sylvie Fouet, représentante a.i. de l’Unicef en RDC.
Selon le Premier ministre, le texte en vigueur depuis hier jeudi rencontre l’assentiment de deux parties, bien plus, il témoigne de la volonté du gouvernement d’aller de l’avant dans la réforme de l’armée et des services de sécurité. Au-delà de son caractère symbolique, l’accord contraint le gouvernement congolais à éviter l’implication des enfants dans les conflits armés.
Si cet engagement est faisable du côté du gouvernement, il n’en est pas le cas pour ce qui est des zones contrôlées par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), s’est plaint Roger Meece. Aussi a-t-il exprimé, à l’occasion, les « grandes inquiétudes » de la communauté internationale, soulignant que celle-ci ne restera indifférente aux actes d’exaction, surtout à l’enrôlement d’enfants dont se sont rendus coupables les dirigeants du M23. Pour rappel, Thomas Lubanga, ex-président des FPC, croupit dans les geôles de la Cour pénale internationale (CPI) pour avoir enrôlé des enfants et les avoir fait participer à des conflits armés. En recrutant des enfants soldats dans leurs rangs, les dirigeants du M23 pourraient être aussi déférés devant la CPI pour répondre de leurs actes, a indiqué Roger Meece.
En effet, la question de l’utilisation des enfants dans les conflits armés est prise au sérieux. « Le secrétaire général des Nations unies a considéré la question des enfants associés aux forces et groupes armés si importante que, en 1996, il a créé la fonction de représentant spécial sur les enfants et les conflits armés », a indiqué Roger Meece. Cette fonction est exercée aujourd’hui, a-t-il dit, par Leila Zerrougui, son ancienne adjointe à la Monusco. C’est dire qu’en cette matière, la RDC sert d’école dans l’enrôlement des enfants soldats.
De son côté, la RDC s’est engagée à garantir la protection des enfants congolais affectés par les conflits. C’est dans cet ordre d’idées que Roger Meece a noté des « progrès remarquables » accomplis par le gouvernement congolais pour prévenir et mettre fin au recrutement d’enfants. Il a rappelé que plus de 1 400 enfants ont été extraits des FARDC. A l’occasion, des services compétents du gouvernement congolais avec l’appui des Nations unies ont pris en charge des centaines d’enfants. Avec l’appui des partenaires et bailleurs internationaux, ceux-ci pu réintégrer leur famille.
« Je dois cependant souligner ma profonde inquiétude concernant les rapports constants faisant état d’importants recrutement et emploi d’enfants, à grande échelle, par les groupes armés à l’Est du Congo ; et notamment dans la zone contrôlée par le M23 au Nord-Kivu », a fait savoir le chef d e la Monusco. « Ces actes, pense-t-il, constituent des crimes de guerre ». Il a, à l’occasion, réaffirmé la condamnation de ces actes, appelant « à l’arrêt du recrutement et de l’emploi d’enfants » par les rebelles du M23.
Rompre avec la passivité
Cet engagement de la communauté internationale est salué à sa juste valeur. Toutefois, certains observateurs se montrent encore sceptiques. Raison avancée : une certaine passivité de la communauté internationale devant les exactions que ne cesse de perpétrer le M23 dans les zones sous son contrôle. Et de s’interroger : quand est-ce les Nations unies vont passer à la vitesse supérieure pour mettre un terme au drame que subissent les paisibles populations de l’Est de la RDC ? Est-ce l’accord signé hier jeudi contient des dispositions contraignantes, notamment en ce qui concerne les enfants enrôlées de force dans les rangs du M23 ?
Il semble que l’étape des constats et autres monitorings est largement révolue. La Monusco a été la première instance internationale à faire part de la présence des troupes rwandaises à côté des rebelles du M23. L’on s’attendait à ce que la communauté internationale réagisse fermement en contraignant le Rwanda à se désolidariser du M23. Mais, c’est le contraire qui s’est finalement produit. Si bien que, jusqu’à ce jour, l’on se trouve encore au stade des jérémiades, alors qu’à l’Est de la RDC, des morts et des déplacés se comptent en milliers. Le temps ne se prête plus aux simples condamnations. Le peuple congolais veut réellement voir la communauté internationale à l’œuvre en usant des moyens à sa possession pour faire fléchir le Rwanda, reconnu formellement comme principal soutien du M23.
C’est bien d’inviter Kinshasa à adhérer au plan d’action de lutte contre le recrutement et l’emploi d’enfants dans les conflits. Mais, il serait mieux que la communauté internationale prenne des mesures coercitives envers le M23 et son commanditaire, à savoir le régime de Kigali. De ce point de vue, la communauté internationale doit rompre avec sa politique d’autruche. Le M23 a commis des exactions telles que la CPI devrait d’ores et déjà se saisir de son dossier. Après les condamnations du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, jeudi dernier, l’opinion attend voir la communauté internationale lier la parole à l’acte en nommant non seulement les coupables, principalement le Rwanda, mais surtout en prenant des sanctions exemplaires. De manière à dissuader tous ceux qui seraient encore tentés de s’aventurer sur le terrain de la déstabilisation de la partie Est de la RDC.
Résumé du Plan d'action entre le gouvernement de la RDC et l'ONU sur les enfants et les conflits armés
Qu'est-ce qu'un Plan d'action pour mettre fin aux violations des droits de l'enfant en conflit armé?
Les résolutions du Conseil de sécurité 1539 (2004) et 1612 (2005) sur les enfants et les conflits armés demandent l'établissement d'un dialogue entre les parties au conflit et les Nations unies pour prévenir le recrutement de mineurs au sein des forces et groupes armés. Ce dialogue se concrétise avec la signature d'un Plan d'action entre les Nations unies et la partie listée par le secrétaire général dans les Annexes de ses rapports annuels sur les enfants et les conflits armés pour le recrutement et l'utilisation d'enfant. Avec la résolution du Conseil de sécurité 1882 (2009), le critère pour lister les parties au conflit et, par conséquent, la collaboration sur le Plan d'action, est élargi aux violences sexuelles faites aux enfants et aux meurtres et mutilations d'enfants. A ce jour, de tels Plans d'action ont été signés dans 12 pays.
Pourquoi la RDC a-t-elle été listée par le Conseil de sécurité de l'ONU pour recrutement d'enfant?
Sur la base de preuves recueillies par l'équipe spéciale des Nations unies sur les enfants et les conflits armés, les forces armées congolaises ont été listées pour la première fois pour le recrutement et l'utilisation d'enfant dans le rapport du Secrétaire général de l'ONU sur les enfants et les conflits armés en 2003, avec la dénomination de Forces armées congolaises (FAC). Suite à la transition de 2003, les nouvelles forces années légitimes, Forces armées de la RDC (FARDC), ont été listées en février 2005 et ont continué d'être listées pour recrutement de mineurs jusqu'à aujourd'hui. Depuis avril 2011, les FARDC ont également été listés pour la commission systématique de violences sexuelles contre les enfants.
Comment les FARDC peuvent être retirées de la liste des parties au conflit commettant des violations?

La première étape est l'approbation d'un Plan d'action concret et assorti d'échéances pour mettre fin et prévenir le recrutement et l'utilisation d'enfant et les violences sexuelles par les FARDC. Le gouvernement s'engage à prendre des mesures spécifiques à cet égard et à respecter ses obligations au regard du droit international humanitaire et du droit international des droits de l'homme. Après la signature, la mise en œuvre du Plan d'action sera surveillée pendant une duré initiale de 12 mois. Une fois les activités mises en œuvre, en particulier la vérification de l'absence d'enfants dans les rangs des FARDC, le secrétaire général des Nations unies pourra, sur recommandation par la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU pour les enfants et les conflits armés, décider du retrait des FARDC de sa liste.

Écrit par Le Potentiel


© Copyright Le Potentiel

Kinshasa, le tombeau blanchi de la Francophonie

La date du prochain sommet de la Francophonie avance à grand pas. A Kinshasa, les autorités locales mettent les petits plats dans les grands. Routes refaites, bâtiments repeints, Kinshasa fait peau neuve. Bienvenue au pays de la Francophonie…
Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo tourne au rythme du XIVe sommet de la Francophonie, prévu du 12 au 14 octobre prochain.
Dans cette ville où les problèmes de transport en commun sont courants, le sommet de la Francophonie et tout ce qui se fait pour donner à Kinshasa les apparences d’une ville propre et accueillante, viennent donner plus de relief aux problèmes déjà existants, comme celui des transports.
Ce jeudi 4 octobre, était prévu la répétition des policiers à Kinshasa. Les routes ont été bloquées au centre ville. D’habitude, chaque matin, il y a souvent les mouvements des populations de la périphérie vers le centre ville. Le soir, c’est le mouvement en sens inverse.
«Les travaux sur les routes et celles qui sont bloquées provoquent des embouteillages monstres, avec une forte présence des agents de l’ordre en centre ville, seulement», confie Clarisse, la trentaine, habitant Kinshasa.

Dans la soirée, certaines personnes ont dû marcher à pied du centre ville jusque dans la commune de Limete pour trouver un moyen de transport. «Déjà que le soir le transport est difficile, avec les répétitions des militaires et l’interdiction des véhicules de circuler, il y avait un monde fou sur les routes. Comme si la Francophonie allait changer nos vies ou nous apporter de l’argent», raconte Marie, mère de famille et femme d’affaires.
Dans ces contextes, la dérision des Kinois (habitants de Kinshasa) tourne à fond. Pour se moquer de la Francophonie, on dit Francine azo ya (comprenez Francine arrive) ou de Cacophonie.
Tombeau blanchi
Une source nous informe que les autorités locales ont ordonné aux propriétaires des immeubles en centre ville de les repeindre. Question de donner une belle image de la ville qui à un moment avait le surnom de Kinshasa la belle. Avec le temps, elle était devenue Kinshasa la poubelle.
Il fallait attendre le sommet de la Francophonie pour que tout soit mis en œuvre pour embellir la ville. Certains détracteurs parlent de tombeau blanchi, vu la crasse et la misère que Kinshasa va cacher à la face de ses invités et hôtes de marque.
Un élan de propreté est lancé malgré tout. Dans moins d’une semaine se sera le coup d’envoi des travaux du sommet de la Francophonie à Kinshasa.
«Francophonie, Francophonie, Francophonie…Si tu savais comment on cherche à tout perfectionner, même s’ils n’y arrivent pas pour t’accueillir, lance Clarisse. Moi je t’exhorte seulement à venir tous les ans au Congo, mais en changeant de ville. Kinshasa aujourd’hui, l’année prochaine à Bandundu ville, en 2014 à Kisangani, etc. Comme ça nos villes seront propres et nos routes réhabilitées».
Certaines mauvaises langues attendent voir ce qu’il en sera après le passage du sommet qui aura rendu à Kinshasa un peu de son éclat.

Jacques Matand
Copyright © 2012 Slate Afrique

jeudi 16 août 2012

RDC : Koffi Olomidé sous les verrous



La star congolaise Koffi Olomidé a été placée en détention à Kinshasa. Il est accusé d’avoir roué de coups son jeune producteur de musique, qui a déposé plainte. Le chanteur, qui a déjà des ennuis judiciaires avec la France pour viol sur plusieurs de ses danseuses, a comparu mercredi. En attendant la décision des juges ce jeudi, il est maintenu en détention.
Les déboires judiciaires de Koffi Olimidé se poursuivent. La star congolaise est actuellement placée en détention à Kinshasa pour avoir roué de coups et blessé son jeune producteur de musique du célèbre quartier de Paris, Château-rouge. Il a comparu mercredi devant les juges, qui doivent se prononcer sur son cas ce jeudi.
Diégo, le producteur, a donc déposé plainte contre le chanteur. Il affirme que ce dernier se serait introduit mercredi matin vers 10h dans sa chambre d’hôtel et l’aurait violenté. Un gardien de l’hôtel affirme aussi avoir reçu un coup de poing de la star, rapporte RFI. La porte de la chambre aurait également été fracassée. C’est d’ailleurs pour cela que la star a été inculpée pour « destructions méchantes ». Ce motif d’inculpation est plus gravement puni par la justice congolaise que les coups. La raison de cette rixe, l’argent. Diégo reconnait en effet devoir 3 000 euros à Koffi Olimidé. Mais les avocats de ce dernier évoquent la somme de 6 000 euros.
Poursuivi par la justice française
Ce n’est pas la première fois que le chanteur congolais est mis sur le banc des accusés. Il est aussi poursuivi par la justice française pour viol sur mineures, séquestration, actes de barbarie en bande organisée et trafic d’êtres humains. Ce sont les danseuses de son ancien groupe Quartier Latin International qui ont révélé l’affaire au grand jour, en décidant de déposer plainte.
Après avoir fui l’Hexagone en 2009, il est revenu à Paris février 2012 pour faire face à la justice française, qui le menaçait d’une mise en examen. « Il est revenu de son plein gré. En aucun cas il n’a été arrêté par les policiers à sa sortie d’avion », a déclaré son avocat, maître Manuel Aeschlimann. La star n’a finalement pas été interpellée, refusant de se rendre chez le juge des libertés et de la détention qui devait statuer sur son éventuel incarcération. Son avocat a précisé que des garanties financières avaient été proposées par le chanteur congolais, dont une caution de 150.000 euros. Et dès lors, la détention provisoire ne se justifie pas, selon lui. En attendant, Koffi Olimidé est toujours attendu par la justice française pour être auditionné.


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afrik.com

lundi 13 août 2012

Turkish Airlines arrive à Kinshasa & Sharm el-Sheikh .

La compagnie aérienne Turkish Airlines va lancer deux nouvelles routes vers l’Afrique, reliant Istanbul à Kinshasa à la fin du mois et à Sharm el-Sheikh en octobre.
Après les annonces concernant les Maldives et la Libye, la compagnie nationale turque poursuit son expansion : à partir du 27 août 2012, elle propose quatre vols par semaine entre l’aéroport d’Istanbul – Atatürk et Kinshasa, à bord de Boeing 737-900 pouvant emporter 16 passagers en classe Affaires et 135 en Economie. Les vols du lundi, mercredi, vendredi et dimanche décollent à 15h35 pour arriver à 21h00, et repartent de la capitale de République Démocratique du Congo à 22h00 pour se poser le lendemain à 7h45 (durée de vol environ sept heures). Un cinquième vol hebdomadaire sera ajouté fin septembre, le jeudi, sur cette route sans concurrence. Air France et Brussels Airlines sont déjà présentes sur l’aéroport N’djili.
Turkish Airlines inaugurera le 9 octobre sa nouvelle liaison entre Istanbul et Sharm el-Sheikh, sa troisième destination en Egypte, proposant quatre rotations par semaine en Boeing 737-700 de 149 places : départs mardi, jeudi, samedi et dimanche à 2h00 pour arriver à 3h30, et retour à 5h45 pour atterrir à 9h25. Atlas Jet propose également cette ligne, la station balnéaire égyptienne accueillant plus de soixante compagnies dont les low cost easyJet, Germania, Jazeera Airways, Norwegian Air Shuttle ou Transavia entre autres.
Ces deux nouvelles routes portent à 203 le nombre de destinations proposées par la compagnie de Star Alliance. (Air Journal, photo: Turkish Airlines)

anacgabon.org

Le phénomène ‘‘branchement’’

Le phénomène «branchement» ou «suivi» se porte bien voire mieux dans les milieux universitaires de la RD-Congo, particulièrement à Kinshasa. Ajouté à celui-ci son célèbre frangin qui n’est autre que ‘‘les points sexuellement transmissibles’’. Les étudiants qui, en principe, devraient défendre leur diplôme en prouvant de quoi ils sont capables lors des examens, excellent plutôt dans la voie de la facilité, en choisissant délibérément de corrompre les professeurs, chefs des travaux, assistants, etc. pour avoir des points indus.
Ce phénomène, indiquent des sources proches de ces milieux, est en vogue particulièrement en période des examens (sessions). Au lieu de bien préparer les épreuves, les étudiants, ‘‘organisés’’, prévoient à la place, une grosse enveloppe réservée aux différentes personnalités académiques pour bénéficier de leur faveur. Des travaux pratiques, apprend-on, ne se font plus. Il suffit d’apprêter une enveloppe à remettre au ‘‘prof.’’ Et l’affaire est réglée.
Et à nos sources de soutenir que si ce système tient toujours, c’est tout simplement parce que les enseignants y trouvent leur compte, le salaire de l’Etat ne leur permettant plus de joindre les deux bouts du mois. Quels produits lance-t-on sur le marché ? La réponse à cette question est beaucoup plus inquiétante dans la mesure où l’Etat n’a pas encore trouvé des moyens efficaces pour mettre fin à ce système qui hypothèque dangereusement l’avenir de la Res publica. La preuve, les produits que différentes Universités larguent sur les marchés d’emplois sont nuls, scientifiquement parlant, la corruption ayant été le facteur déterminant de leur passage des classes. Selon quelques analystes, c’est cette ‘‘nullité’’ qui serait la cause principale du chômage qui ne cesse d’augmenter du jour au lendemain. Non seulement parce que ces soi-disant diplômés sont incapables de réussir un test d’embauche, du moins la plupart d’entre eux, mais également parce qu’ils ne peuvent pas créer leur propre emploi.
Que faire ? Que faire pour venir à bout de ce désastreux phénomène ? Votre journal a approché quelques étudiants pour avoir leurs opinions. Pour Ismaël Mazaza, étudiant en première licence au département des sciences de l’information et de la communication à l’Université Pédagogique Nationale, ‘‘l’Etat doit mettre à la disposition des enseignants un salaire consistant pour leur permettre de travailler tout en étant incorruptibles’’. Et de poursuivre : ‘‘ en ce qui concerne les étudiants, je dirai, vu que la jeunesse assurera la direction du pays dans les jours à venir, ces derniers sont appelés à prendre leurs responsabilités dès aujourd’hui pour que l’avenir de la République Démocratique du Congo ne soit pas un chaos généralisé. Pour sa part, Bénédicte Vumi, étudiante à la faculté des lettres et sciences humaines, pense que les premiers coupables dans cette affaire ce sont les professeurs. Car, si ces derniers refusent les différentes offres des étudiants et étudiantes, la corruption va assurément disparaître.
Ils doivent faire preuve des responsabilités pour bouter dehors la corruption dans le pays. A quoi bon avoir des points immérités ? S’est-elle interrogée. ‘‘Moi, je pense que ce sont les corps académiques qui sont des vrais responsables en ce qui concerne le branchement dans les milieux universitaires. C’est vraiment absurde de voir que les professeurs se laissent corrompre avec des petites sommes d’argent, comme par exemple 5.000, 7.000, 10.000, 15.000, etc.’’, a-t-elle conclu. De ce qui précède, il y a lieu de mettre dos-à-dos les deux camps. Car, selon la loi, les corrupteurs tout comme les corrompus sont blâmables. Un débat sérieux, dépassionnés, devra être mené au sein de la société congolaise afin que ce phénomène de la honte, avec sa cohorte de maux, puisse complètement disparaître et laisser place à l’excellence. Sinon, la médiocrité s’invitera du sommet à la base de la pyramide. Et, dans ces conditions, l’édifice va tout simplement s’affaisser.

JC Nyangu
Direct.cd

A Kinshasa, le phénomène « kata forme »

Pour accroître leur clientèle, les bars de Bumbu et de Ngiri-Ngiri instaurent le phénomène « kata forme » ou striptease 
Les tenanciers des bars dans les communes de Ngiri-Ngiri et de Bumbu ont trouvé un autre moyen d’attirer du monde dans leurs établissements. Ils organisent, à l’improviste, des séances de striptease baptisées, dans un jargon propre à eux, « kata forme ». Lesdites séances consistent à pousser les consommateurs, qui en manifestent le désir, à se déshabiller entièrement sur le podium. Ce phénomène se déroule souvent dans les bars renommés de ces deux communes et souvent à des heures tardives. Ces bars reçoivent beaucoup de jeunes à la suite de ces séances. C’est une journée comme les autres qui se termine pour le commun des habitants de la commune de Bumbu. Sur l’avenue Kibunda, entre les directions Shaba et Assossa, se trouve un bar très fréquenté. 22h00’ est une heure de pointe pour cet établissement qui entend offrir du bon temps à tous ceux qui le fréquentent.
Strip Tease KinLe bar est plein comme un œuf et ceux qui viennent d’arriver ont du mal à se trouver des sièges. La musique est balancée à fond et le podium, entouré des nombreux miroirs, n’est pas désert. Une foule compacte s’y frotte en se trémoussant au rythme de la musique.
Lorsqu’un tube arrive à la fin, le podium se vide momentanément pour se remplir tout de suite après avec le début de la chanson suivante. C’est cet interlude que le DJ choisit pour faire son annonce : et pas n’importe laquelle. « Action kata forme : les quatre premières personnes qui atteindront le podium pour une séance de striptease s’affronteront et le gagnant remportera deux casiers de bière. Elle (cette personne) choisira la marque de bière qui lui plaira », lance le DJ.
« La règle du jeu est simple Celui ou celle qui enlève tous ses vêtements gagne. Si jusqu’à la fin de la chanson plus d’une personne sont complètement nues, c’est celle qui aura le plus de fans qui sera proclamée gagnante », poursuit le DJ.
Il n’avait pas totalement fini son speech que le podium se remplissait déjà d’une dizaine des jeunes. Il a fallu procéder à l’élimination pour ne garder que quatre d’entr’eux. Finalement, deux jeunes filles et deux jeunes garçons seront retenus sur le podium.

ndombolozone.com

Kinshasa – A Matonge, les agents de la SNEL se font la fortune au détriment du trésor public

C’est un phénomène qui existe depuis quelques temps. Les agents de la Société nationale d’électricité -SNEL- font le porte à porte pour rançonner les abonnés. Facture payée ou pas, c’est qui importe c’est leur rançon! Cette pratique indique plus d’un habitant du quartier. Parmi ces agents, il y en a même qui se permettent de recouvrer des sommes dues au payement des factures mensuelles de consommation de l’électricité. Les autorités du Centre vente de Services -CVS- local semble complices dans cette affaire. Leur passivité et léthargie face aux multiples plaintes des clients les accable.Çà risque de créer une tension sociale si l’on n’y prend garde ! Trop c’est trop, dit-on. Vexés, certains abonnés menacent même de saisir la Direction générale de la SNEL ou le ministère de tutelle. «Je vais saisir par écrit le comité de gestion de la SNEL. C’est anormal. Pendant que je suis en règle de payement, les agents de la SNEL sont venus me priver illégalement de l’électricité au motif que je ma femme n’aurait pas assuré leur corruption hebdomadaire», fait savoir un habitant de l’avenue Boleko, très en colère.
Sur cette même avenue, il y a plus d’une semaine, rapporte un témoin, quelques personnes se réclamant de la SNEL et répondant respectivement au nom de Mpika, Ingénieur John, Ilanga… à la recherche des butins, en ont fait voir de toutes les couleurs aux abonnés ayant refusé de se faire rançonner. Munis de leurs pinces et autres outils, c’est des hauts de poteaux qu’ils leur ont privé de l’électricité. Même sans ordre de mission, ils opèrent le jour tout comme la nuit.
«Quand on ramène ce genre des rapports au bureau, tout le monde semble désintéresser. Aucun agent n’a jamais été puni pour pareille comportement», lâche une abonnée apparemment exaspérée.
Dans les couloirs du CVS Matonge, certains agents n’hésitent pas à pointer du doigt leur directeur, qu’ils disent être le premier à promouvoir un climat de corruption. Chaque fin de semaine, souffle un cadre, il se servirait généralement d’une somme allant jusqu’à FC 200.000. On se demande à quel titre et pour quelle fin. En plus, pour bien entretenir la maffia, d’autres abonnés ne reçoivent plus de factures. C’est plutôt ces agents véreux qui font le porte à porte pour récolter les butins.
La SNEL ressemble finalement à un bien sans maître. C’est des milliers de dollars qui échappent au Trésor public à travers cette pieuvre. Le comité de gestion de cette entreprise publique est appelé à ouvrir l’oeil pour voir clair. La vraie politique de gestion n’est pas celle du bureau. Il faudrait plutôt des descentes sur le terrain pour être au contact avec les usagers des services dans le but de recueillir leurs désidératas et leur offrir un service de qualité.

HMK
Direct.cd

RDC: l'"attaque" de l'aéroport Lubumbashi n'était qu'une dispute entre militaires

(Belga) La prétendue attaque menée la semaine dernière de l'aéroport de Lubumbashi, la deuxième ville de la République démocratique du Congo (RDC) et chef-lieu de la province du Katanga, dans le sud-est du pays, était en fait une dispute entre militaires à propos du partage du butin d'un racket, a rapporté l'agence de presse associée (APA), reçue lundi à Bruxelles.
RDC: l'"attaque" de l'aéroport Lubumbashi n'était qu'une dispute entre militaires
Il s'agirait "d'un acte isolé, un acte d'indiscipline", a conclu la commission d'enquête mise en place par l'autorité provinciale. Le bilan de l'incident a également été revu à la baisse - deux morts au lieu de trois, tous appartenant à la Garde républicaine, - a ajouté l'APA (indépendante). L'agence cite des sources "généralement bien renseignées" selon lesquelles, cette nuit-là (de mardi à mercredi derniers), un groupe de militaires en état d'ivresse a racketté des passants. Et ce serait le partage du butin qui a posé problème. Un de ceux qui s'étaient estimé lésés a ouvert le feu sur ses compagnons. Ces derniers ont alors riposté. La fusillade a duré quelques minutes. "Il n'y avait pas d'assaillants, c'était plutôt un fait isolé entre quelques éléments indisciplinés de cette unité-là. Nous allons faire rapport aux services concernés afin que chacun prenne des dispositions pour que de pareilles choses ne se répètent plus", avait déjà déclaré vendredi le vice-gouverneur du Katanga, Yav Tshibal. Selon lui, les faits se sont déroulés "bien loin" de l'aéroport de la Loano. Mercredi dernier, des sources locales avaient fait état d'une attaque nocturne de l'aéroport de Lubumbashi par des hommes armés qui pourraient être des indépendantistes katangais ayant fait trois morts, tous membres de la Garde républicaine (GR, ex-garde présidentielle). (GGD)

levif.be

La RDC ne veut pas de certains pays voisins dans la force neutre

KAMPALA (Reuters) - La RDC a rejeté la participation à la "force internationale neutre", censée débarrasser l'est du pays des groupes rebelles, de soldats issus de certains pays voisins, dont le Rwanda, qu'elle accuse d'être impliqués dans ce conflit.
Réunis cette semaine à Kampala, les chefs d'Etat des onze pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ne sont pas parvenus à trancher entre la création d'une force purement régionale ou internationale.
Le Rwanda et l'Ouganda, que l'Occident a sommés de cesser toute relation avec le M23, ont défendu l'idée d'une force régionale. Or, cette solution a été écartée par la République démocratique du Congo, qui préférerait que la mission de maintien de la paix de l'Onu sur son territoire soit étendue.
Le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, a dit que Kinshasa accepterait la présence de soldats de certains pays dans la future mission internationale, mais pas ceux du Rwanda ou d'autres pays voisins qu'il n'a pas nommés.
"Pour nous, la solution la plus facile et la plus rapide est d'utiliser le mécanisme qui se trouve déjà en RDC", a-t-il dit mercredi soir à la presse. "(La force neutre) ne peut pas inclure des soldats rwandais, car le Rwanda fait partie du problème. Ces forces néfastes sévissent sur le sol congolais, mais viennent des pays voisins. Donc je pense que ces (...) pays devraient logiquement ne pas faire partie de la force".
Il a également exclu toute négociation avec les insurgés. "Nous ne voulons pas les voir survivre comme mouvement, comme idéologie, nous ne voulons pas voir leur action se poursuivre", a-t-il déclaré.
Les combats qui opposent les rebelles du M23 et les forces congolaises ont déjà déplacé plus de 500.000 personnes près de la frontière avec le Rwanda, que la RDC a régulièrement accusée de soutenir les insurgés.
Kigali a nié des accusations de responsables de l'Onu selon lesquelles son armée a fourni de l'équipement et des troupes au M23. L'Ouganda a démenti des accusations similaires.

Drazen Jorgic; Baptiste Bouthier pour le service français, édité par Gilles Trequesser
tempsreel.nouvelobs.com

Face à l'ingérence du Rwanda en RDC, les pays occidentaux réduisent leurs aides

Lasse de ce jeu trouble, une partie de la communauté internationale a décidé de hausser le ton à l'égard du régime de Paul Kagame, lui-même tutsi. La situation, en effet, est critique : au cours des quatre derniers mois, les combats dans l'est du Nord-Kivu – zone frontalière du Rwanda et de l'Ouganda, où sont situées les bases du M23 – ont contraint plus de 220 000 Congolais à fuir leur domicile, accentuant le déséquilibre qui frappe la région déjà tourmentée des Grands Lacs. D'après une étude dévoilée en juin par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA, Office for the Coordination of Humanitarian Affairs), près de 17,3 millions de Congolais se trouveraient en état d'insécurité alimentaire aiguë.
INITIATIVE SYMBOLIQUE
A la fin de juillet, les Etats-Unis ont été les premiers à monter au créneau. La diplomatie américaine a ainsi suspendu 200 000 dollars (environ 164 000 euros) d'aide destinés à une école militaire. Faut-il y voir une inflexion de la posture adoptée par Washington vis-à-vis de son allié ? "L'initiative américaine est essentiellement symbolique, dans la mesure où les montants en jeu ne sont pas déterminants. L'essentiel de l'appui militaire américain se fait au niveau de la Communauté de l'Afrique de l'Est [organisation qui, outre le Rwanda, regroupe le Kenya, la Tanzanie, l'Ouganda et le Burundi]", souligne André Guichaoua, professeur à l'université de Paris-1 et témoin-expert près le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
"Ce qui, de mon point de vue, est plus significatif, ce sont la déclaration du Congrès américain du 3 août [fustigeant le manque de transparence du gouvernement rwandais, notamment sur son implication en RDC] et les propos tenus par Stephen Rapp, l'ambassadeur itinérant chargé des crimes de guerre au Département d'Etat [lequel a affirmé que les dirigeants rwandais pourraient être poursuivis devant la CPI pour aide et complicité de crimes contre l'humanité dans un pays voisin]", précise-t-il.
Les Etats-Unis, en dépit de leurs objurgations, ont fait savoir qu'ils ne retireraient pas leur soutien financier à la formation des troupes destinées à prêter main-forte à l'ONU. Et pour cause : au 30 juin, pas moins de 4 571 soldats et policiers rwandais étaient impliqués dans diverses opérations de maintien de la paix à travers le monde – soit la sixième plus importante contribution à l'institution onusienne en termes d'effectifs derrière le Pakistan, le Bangladesh, l'Inde, l'Ethiopie et le Nigeria.    
Dans la foulée de l'administration Obama, plusieurs Etats européens ont, eux aussi, entrepris ces dernières semaines de rappeler Kigali à l'ordre. Les Pays-Bas ont lancé le mouvement, mettant en suspens une aide de cinq millions d'euros prévue pour soutenir le système judiciaire. La Grande-Bretagne (20 millions d'euros) et l'Allemagne (21 millions d'euros) leur ont emboîté le pas. "Ce faisant, les Européens ont profité de l'opportunité qui leur était offerte pour recouvrer un minimum de dignité diplomatique par rapport à des faits qu'ils connaissent et qui sont documentés. Par le passé, ils ne sont pas intervenus parce que le Rwanda pratiquait un chantage à la déstabilisation de la région. Mais celle-ci s'est aggravée, au point que la situation est devenue intenable", analyse M. Guichaoua.        
"PILLAGE INSTITUTIONNALISÉ"
Des travailleurs dans une mine d'or d'Iga Barriere, dans l'est de la République démocratique du Congo.
Des travailleurs dans une mine d'or d'Iga Barriere, dans l'est de la République démocratique du Congo. | AFP/ERIC FEFERBERG

Ces "suspensions en cascade", fait inédit, s'apparentent à un désaveu personnel pour Paul Kagame, longtemps considéré – et porté aux nues – par les bailleurs de fonds étrangers comme le principal architecte du redressement économique du pays après le terrible génocide de 1994 (800 000 victimes). De fait, quelle autre nation d'à peine dix millions d'âmes et au passé si tragique peut se targuer d'avoir connu, au cours des cinq années écoulées, un taux de croissance moyen de son PIB de 8,2 % – taux qui, aux dires des autorités, aurait permis de tirer un million de personnes de la pauvreté en pleine crise mondiale ?
Aujourd'hui, ce succès ne suffit toutefois plus à faire taire les critiques. Aux accusations répétées d'ingérence en RDC, Paul Kagame oppose les dénégations les plus fermes, arguant notamment qu'une telle politique "serait contraire aux intérêts de son pays". "Nous ne fournissons pas un seule balle [aux rebelles congolais]. Nous ne l'avons pas fait et nous le ferons pas", a-t-il assuré. L'argument ne convainc personne.
Depuis que le Rwanda a envahi son turbulent voisin, en 1996 et 1998 – chassant, à cette occasion, le dictateur Mobutu Sese Seko –, ses élites ont largement profité, et profitent toujours, des richesses minières que recèle le sous-sol congolais (cobalt, cuivre, étain, or). Selon certaines estimations, le fruit de ce "pillage institutionnalisé" rapporterait à Kigali plusieurs dizaines de millions de dollars par an. Une richesse sciemment mise sous le boisseau, qui a aussi son intérêt politique. "Grâce aux canaux parallèles, la nomenklatura achète la paix sociale. L'ordre qui règne à Kigali et les aspirations de Kagame à faire du Rwanda le Singapour du continent africain d'ici à 2020 sont financés par ce biais-là", pointe André Guichaoua.   
ALTERNANCE EN PRÉPARATION
Les présidents de la République démocratique du Congo et du Rwanda, Joseph Kabila et Paul Kagame.
En faisant fi des coups de semonce lancés par ses principaux partenaires, le Rwanda accentue cependant son propre isolement et joue une partition délicate. Diplomatiquement, d'abord, car il brigue toujours un siège au Conseil de sécurité de l'ONU. Financièrement, ensuite, dans la mesure où l'aide étrangère représente près de la moitié de son budget (45 %). Les Occidentaux pourraient-ils finir par rompre tout lien avec leur partenaire ? L'hypothèse, juge M. Guichaoua, est inenvisageable à court terme. "Il n'existe pas dans la région d'autre puissance susceptible d'assurer la cohésion en matière d'ordre et de stabilité. De fait, Kigali a les coudées franches. En outre, tant que Kabila et Kagame n'abattront pas clairement leurs cartes sur ce qu'ils attendent de cette nouvelle confrontation, les chancelleries occidentales ne pourront pas aller plus loin", observe-t-il.
Sur le front intérieur, Paul Kagame, au pouvoir depuis avril 2000, a en grande partie perdu son aura d'invincibilité. Ses opposants, toujours plus nombreux, fustigent un pouvoir "solitaire" et "autoritaire", coupable de multiples violations des droits de l'homme. L'intéressé, lui, s'en défend véhémentement. Reste que beaucoup, mezza voce, travaillent déjà à l'alternance. "C'est aussi la raison pour laquelle les Américains ne sont pas inquiets, conclut M. Guichaoua. D'ailleurs, eux-mêmes ont commencé à préparer les officiers rwandais de demain..."

RDC/Kivu : la co-médiation invite Kabila à organiser une table ronde

(Xinhua) — Le révérend Jean-Paul Moka, co-médiateur avec l’ancien président ghanéen John Kufuor pour la crise en RDCongo, a appelé lundi le président Joseph Kabila à "mandater, formellement et conformément à la Constitution, une équipe pour organiser une table ronde" face à la détérioration de l’insécurité dans les provinces orientales des Kivu, frontalières avec le Rwanda.
Il a souligné la nécessité d’une telle table ronde pour "consolider la volonté de la grande majorité des Congolais de vivre à nouveau une cohésion nationale, face aux agressions récidivistes de l’Est du pays". "Seule une approche médiane, en dehors des camps politiques radicalisés et jusqu’auboutistes, peut encore offrir une occasion de répondre à cette situation critique, pour la survie de notre démocratie naissante et notre intégrité territoriale", a estimé le révérend Moka, en exil en Belgique depuis 2003 et candidat du Mouvement bleu congolais à la présidentielle de novembre dernier.
Pour lui, "la mobilisation internationale réussie de la co-médiation internationale pour une résolution de la crise post-électorale ainsi que la réussite de la marche de l’espérance lancée par la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) offrent des gages de garantie pour réunir tout le monde autour d’une même table".
Cette invitation fait suite au rejet vendredi dernier par 40 présidents de partis politiques à l’invitation du Premier ministre Matato Ponyo aux débats sur les questions de la guerre dans les Kivu. L’opposition congolaise a déclaré que les questions de la guerre et de l’intégrité du territoire national "dépassent à ce stade la compétence" de M. Ponyo.
"Il revient donc au commandant suprême des forces armées et président de la République d’apprécier cette proposition non partisane, pour conjurer le grand complot contre le pays de nos ancêtres", a affirmé le révérend Moka dans un communiqué.
Les Kivu sont en proie aux attaques du Mouvement du 23 mars (M23) depuis le mois de mai dernier. Les rebelles Tutsis sous commandement de Laurent Nkunda réclament la mise en application de l’accord de paix du 23 mars 2009 signé entre le gouvernement et leur administration, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Cet accord prévoyait l’intégration des combattants rebelles dans l’armée et dans la police ainsi que l’attribution des fonctions aux cadres civils de la rébellion. La rébellion de Laurent Nkunda remonte à 2004.

afriscoop.net

RDC : Cinq cas suspects de virus Ebola détectés en province Orientale

KINSHASA (Xinhua) - Cinq cas suspects de fièvre hémorragique à virus Ebola, ont été détectés à Isiro, chef-lieu du district du Haut Uele, dans la province Orientale (nord-est de la RDC), a indiqué dimanche Jean-Marc Madindi, médecin inspecteur provincial de la province Orientale.
"Un autre cas, dont la mort s'en est suivi, a été notifié à Dungu, l'un de six territoires que compte le district du Haut Uele. Nous attendons les résultats des analyses en vue de diagnostiquer le virus", a souligné M. Madindi, ajoutant que tous les cas sont de stricte surveillance à Dungu et à Isiro, sans donner d'autres précisions.
L'épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola (FHV) est apparue depuis juillet dernier, à 200 km de Kampala en Ouganda, tuant 14 personnes sur les 20 cas confirmés.
Vu la proximité entre la province Orientale et la partie orientale de l'Ouganda, et l'intense trafic entre les deux pays, les acteurs humanitaires de la RDC a pris des dispositions préventives pour faire face à cette épidémie.
La fièvre hémorragique, contre laquelle il n'existe ni traitement ni vaccin, tue entre 50 et 90% des personnes atteintes. Elle est aussi hautement contagieuse, par contact direct avec le sang, les secrétions corporelles, ou quand on manipule sans précaution des cadavres contaminés.
En RDC, la fièvre hémorragique à virus Ebola s'est déjà déclarée en 1976-1977 dans la province de l'Equateur (nord-ouest), en 1995 dans la province du Bandundu (sud-ouest), en 1999 et 2000 dans la province Orientale et en 2007 et 2008 au Kasaï Occidental (centre).
afriquinfos.com

RDC : le Sommet de Kampala accouche d’une souris

L’envoi d’une force internationale neutre au Nord-Kivu attendra quatre semaines
Le Sommet de Kampala, censé trouver une solution au conflit au Nord-Kivu, a accouché d’une souris. Faute d’accord, la décision d’envoyer une force internationale neutre sera prise dans quatre semaines.
Le Sommet de la dernière chance a fait pschit. Les dirigeants de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), réunis ce mercredi à Kampala en Ouganda, devaient plancher sur une force internationale neutre, à même de résoudre le conflit au Nord-Kivu. A l’issue de ces pourparlers, aucun accord n’a été trouvé.
Les présidents de la République démocratique du Congo (RDC) Joseph Kabila et du Rwanda Paul Kagame, deux pays frontaliers en crise diplomatique due au soutien du Rwanda aux mutins du M23, ainsi que les autres pays participants « se retrouveront dans quatre semaines », a déclaré le président ougandais Yoweri Museveni.
Il faudra donc attendre quatre semaines pour qu’un modus vivendi voit le jour. Selon le communiqué du CIRGL, le comité sous-ministériel est chargé de « fournir des détails sur la mise en œuvre de la force internationale neutre (et) de proposer des mesures urgentes concrètes pour permettre un arrêt complet des combats. »
Pourtant, en marge du sommet de l’Union africaine (UA) d’Addis Abeba, cinq pays s’étaient rencontrés dimanche 15 juillet à Addis Abeba, pour la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL). Lors de cette réunion, les dirigeants de la Tanzanie, de la République centrafricaine, de l’Ouganda, du Rwanda et de la RDC étaient présents. Kigali et Kinshasa avaient même accepté le principe, exprimé collectivement dans une déclaration, de la mise en place et du déploiement d’une force internationale neutre pour sécuriser la frontière et neutraliser les rebelles dans l’Est de la RDC.
Point d’achoppement
Après le Sommet de l’UA à d’Addis Abeba, le torchon ne cesse de brûler entre Kinshasa et Kigali. Le Président Joseph Kabila, soutenu par le rapport de l’ONU publié le mardi 26 juin, accuse le Rwanda de soutenir les mutins du M23, ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple. Le Rwanda dément ces accusations. La situation se retrouve ainsi bloquée ce qui donne lieu à des dissensions comme celles de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs.
Si le Sommet de Kampala a accouché, il n’a pas porté les fruits escomptés. Ainsi, il « reste à définir la structure et les modalités opérationnelles d’une telle force », souligne France 24. Autrement dit, beaucoup reste à faire.

afrik.com

Togo & RDC : appel à candidature pour formation au montage de projets et négociation de financements

Portail Afrique Centrale
Le Réseau d'Organisation Féminines d'Afrique Francophones (ROFAF) organise au Togo du 28 au 31 août 2012 et en République Démocratique du Congo du 4 au 7 septembre 2012 deux ateliers nationaux de formation sur " le montage de projet et la négociation de financements ". A cet effet, le réseau recherche des formatrices au niveau local ayant une compétence avérée en matière de rédaction de proposition de financement.
Si vous souhaitez proposer un module pour l'une ou l'autre des formations, vous pouvez soumettre  au plus tôt un résumé de votre projet de formation (3 à 5 pages) ainsi qu'une copie récente de votre curriculum vitae à : formation@rofaf.org.

mediaterre.org/

Les chefs locaux du Kivu prêts à se mobiliser pour contrer le M23

Par RFI
En République démocratique du Congo, un calme précaire règne depuis plusieurs jours au Nord-Kivu. Mais c'est avec prudence et méfiance que les habitants du Kivu observent cet arrêt temporaire des combats entre armée régulière et mutins du M23. Dans leur diversité, regroupements politiques et chefs traditionnels appellent tous à la mobilisation pour faire échec à l'aventure du M23.
C’est l’un des chefs coutumiers parmi les plus écoutés du Kivu. A la tête de l’une des chefferies des Bashis, dans le Sud-Kivu, il se dit inquiet du risque de contagion de la rébellion du M23 dans sa contrée.
Tout en appelant la population à ne pas succomber à la séduction des recruteurs locaux des mutins, le Mwami Kabare appelle à la mobilisation générale de la population de la province du Sud-Kivu : « Je lance un appel à tous les jeunes gens, à toutes les jeunes filles du Sud-Kivu... (...) si le gouvernement a besoin de nous et pour éviter les groupuscules qui nous ont amenés dans la situation dans laquelle nous sommes, nous sommes tous prêts à nous engager au sein des FARDC [Forces armées de la République démocratique du Congo] s’il faut défendre le pays. Mourir pour son pays, c’est un devoir mais aussi un honneur. »
Le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, parti présidentiel, lui, invite à une mobilisation de tous les Congolais pour barrer la route à l’agression. De son côté, l’opposition insiste sur la nécessité de l’organisation du dialogue national avec l’ensemble de la classe politique en vue d’une solution à la crise actuelle.

La rébellion en RDC crée des tensions communautaires inquiétantes

De Pierre BRIAND (AFP)
KINSHASA — La rébellion militaire qui menace Goma, la capitale du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), a aussi des répercussions en politique intérieure: elle dresse l'opposition contre la stratégie d'union nationale du gouvernement et attise les tensions entre communautés.
L'opposition a décliné à la fin de la semaine les propositions du Premier ministre Augustin Matata Ponyo de participer à une commission qui examinerait la situation dans l'est où un mouvement rebelle, le M23, contrôle une partie de la province du Nord-Kivu.
L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), interrogée par l'AFP, a qualifié M. Matata Ponyo "d'imposteur". Pour le responsable de la communication de ce parti, Simon Kalengue, "la situation dans l'est du pays est le résultat de leur manque de leadership... leur départ résoudra cette question".
L'UDPS n'a pas admis les résultats des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011 et affirme que le seul président élu est leur chef, Etienne Tshisekedi.
Pour Jean Lucien Busa, un responsable du Mouvement de libération du Congo (MLC), "les questions de la guerre et de l'intégrité du territoire national dépassent à ce stade sa (celle du Premier ministre) compétence", une allusion au président réélu Joseph Kabila à qui l'opposition reproche souvent d'être originaire du Rwanda même s'il a écarté ses premiers alliés qui avaient porté son père au pouvoir.
Dans un communiqué diffusé samedi, les partis d'opposition affirment par ailleurs que "la conduite de la guerre qui déchire le pays ne rassure guère quant à la volonté réelle du gouvernement de donner des réponses adéquates pour juguler l'insécurité permanente dans la partie est de la RDC".
Cette fin de non-recevoir adressée au chef du gouvernement intervient après la "marche des catholiques" organisée 1er août. Cette première manifestation publique a être autorisée depuis les élections a rassemblé sans incident des milliers de personnes dans les principales villes du pays. "Au moins 100.000 à Kinshasa", selon le secrétaire de la Conférence épiscopale.
A Goma, 25 responsables de confessions religieuses et ethniques se sont rassemblés récemment pour demander ensemble la cessation immédiate des hostilités, a rapporté une organisation humanitaire.
Selon un communiqué de l'ONG Search for Common Ground (SFCG), "des violences intercommunautaires, des discours de haine et de xénophobie ont pris une allure inquiétante ces dernières semaines" et les religieux se sont "engagés à construire la stabilité régionale".
Selon cette organisation, des rwandophones ont été pris à partie jeudi dernier à l'université de Goma. Ils ont été battus et la foule a tenté de les brûler.
Au poste-frontière de Goma vers le Rwanda, toujours selon SFCG, des groupes se sont rassemblés pour scander des messages hostiles au Rwanda et aux rwandophones alors que ces derniers constituent une bonne part de la population de la région.
L'ONG ajoute que "la jeunesse congolaise qui manque d'éducation à la citoyenneté est facilement manipulable et donc très exposée à ces tensions intercommunautaires".
En avril, au début du conflit, des journaux avaient directement mis en cause et dénoncé les tutsis, considérés comme des habitants du Rwanda alors que cette ethnie, victime du génocide de 1994 au Rwanda, est présente également au Burundi et en RDC. Le gouvernement était intervenu avant que cela ne dégénère.
Dans cette région du pays, où les frontières sont relativement récentes et ont fluctué, les ethnies ou les communautés historiques servent de point d'appui aux différents groupes rebelles et sont souvent stigmatisées, ce qui met en péril un équilibre social déjà miné par la misère.

vendredi 13 juillet 2012

RDC: les mutins menacent de reprendre les villes où l'armée est revenue


Les mutins du M23, dont des bases ont été visées la veille par des tirs d'hélicoptères de l'armée congolaise et de l'ONU dans l'est de la République démocratique du Congo, ont menacé vendredi de reprendre des villes qu'ils avaient quittées. | Michele Sibiloni

Les mutins du M23, dont des bases ont été visées la veille par des tirs d'hélicoptères de l'armée congolaise et de l'ONU dans l'est de la République démocratique du Congo, ont menacé vendredi de reprendre des villes qu'ils avaient quittées.
Les mutins du Mouvement du 23 mars (M23) ont qualifié d'"inacceptable" le retour des Forces armées congolaises (FARDC) notamment à Rutshuru, la plus importante de la demi-douzaine de localités prises dimanche par les rebelles tutsi dans la province du Nord-Kivu.
Cette "offensive" des soldats loyalistes est "un défi lancé contre nos forces (...) et une humiliation pour les habitants (...) qui ont subi les exactions de cette armée lors de sa fuite", a ajouté le M23 dans un communiqué.
Ils demandent aux FARDC de quitter "sans délai" ces villes, "faute de quoi elles seront rendues responsables de toutes les conséquences relatives à leur présence dans ces entités".
"Si leurs forces sont là-bas, nous allons reprendre ces villes", a affirmé à l'AFP le porte-parole du M23, le lieutenant-colonel Vianney Kazarama.
"Nos bases sont à Mbuzi, Tshanzu et Runyoni (ndlr, sur des collines). Ce sont les populations qui ont été prises pour cible. Deux civils ont été tués", a affirmé Vianney Kazarama.
Jeudi des hélicoptères de l'ONU et des FARDC ont tiré sur Nkokwe et Bukima, deux positions rebelles à la frontière du parc des Virunga, à l'est de Rumangabo.
Le M23 est formé d'ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans les FARDC dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa le 23 mars 2009, dont ils réclament la pleine application. Les rebelles sont soutenus par le Rwanda, d'après un rapport des Nations unies.
Le 6 juillet, les mutins ont pris Bunagana, important poste-frontière avec l'Ouganda, après des combats avec les FARDC, dont 600 soldats on fui en Ouganda. L'armée congolaise est appuyée par la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), dont un Casque bleu avait été tué.
Deux jours après, les mutins ont pris Rutshuru (70 km au nord de la capitale provinciale Goma), la cité voisine de Kiwanja et d'autres localités plus au sud, jusqu'à 50 km de Goma. Dans leur fuite, les FARDC ont commis des pillages à Kiwanja.
Le M23 s'est officiellement retiré lundi de ces villes mais contrôle toujours Bunagana, à 25 km au sud-est de Rutshuru, tout près de ses bases dans les collines du parc national des Virunga, adossé au Rwanda et à l'Ouganda.
L'armée congolaise a ensuite affirmé en milieu de semaine avoir repris position à Rutshuru, Kiwanja -où elle a deux camps- et repris les autres localités prises dimanche.
Les mutins ont dit s'être retirés, mais un journaliste de l'AFP en a vu une demi-douzaine vendredi matin à Rumangabo (50 km au nord de Goma), et vêtus en treillis FARDC. Aucun soldat loyaliste n'était présent.
Depuis mercredi, des blindés de l'ONU et des FARDC sont positionnés à 25 km au nord de Goma, pour prévenir toute attaque de cette ville de 500.000 habitants. Les mutins ont répété jusque-là que leur objectif n'était pas de prendre Goma.
Si Kigali a toujours démenti appuyer les mutins, de hauts responsables rwandais, dont le ministre de la Défense, le général James Kabarebe, sont accusés dans un rapport d'experts de l'ONU d'avoir aidé directement le M23 en lui fournissant armes, munitions, recrues...
Le Rwanda, la RDC et leurs neuf voisins régionaux ont condamné jeudi à Addis Abeba les du M23, lors d'une réunion de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL), la structure qui les réunit.
"Toutes les forces négatives, en particulier le M23, devraient immédiatement cesser leurs activités armées et aucun appui ne devrait leur être accordé pour déstabiliser la région, et plus particulièrement l'est de la RDC", selon un communiqué des 11 pays membres.
"C'est une grande avancée. Jusque-là le Rwanda refusait de considérer le M23 comme une force négative", a commenté une source sécuritaire congolaise.
AFP
leparisien.fr

jeudi 12 juillet 2012

RDC: l'armée et l'ONU bombardent les positions des mutins


Des hélicoptères de l'armée congolaise et de l'ONU bombardaient jeudi des positions des mutins du M23 dans la province du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo. | Marc Hofer

Des hélicoptères de l'armée congolaise et de l'ONU bombardaient jeudi des positions des mutins du M23 dans la province du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo.
Trois hélicoptères de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) et deux autres des Forces armées congolaises (FARDC) ont été vus au-dessus de la zone de Nkokwe et Bukima, où des explosions étaient entendus, selon la même source.
Les FARDC et l'ONU ont confirmé à l'AFP que des bombardements étaient en .
"Les FARDC sont en train de bombarder nos positions, mais ils ne savent pas où nous sommes. il n'y a pas de problèmes", a affirmé à l'AFP un colonel des mutins.
La localité de Nkokwe et la colline de Bukima se trouvent entre 5 et 10 km à l'est de la route qui va de Rusthuru à Goma, à environ 50 km au nord de la capitale du Nord-Kivu.
Ces deux lieux se situent la frontière ouest du parc national des Virunga, adossé à l'est au Rwanda et à l'Ouganda, où les mutins tiennent depuis mai plusieurs collines, malgré des bombardements fréquents des FARDC et de la Monusco.
referencement google - messenger 9 - photo en studio - Plombier Noisy le grand